Que vaut la “règle des cinq secondes” lorsqu’on fait tomber de la nourriture par terre ?
Vrai ou faux.
Dans sa rubrique “Est-il vrai que… ? ”, le quotidien britannique “The Guardian” tente de répondre aux questions que l’on s’est toutes et tous déjà posées. Cette semaine, les microbes sont bien plus résistants qu’ils n’en ont l’air.
Vous venez de faire tomber un bout de concombre par terre. Votre premier réflexe est-il de le jeter à la poubelle ou de le rincer rapidement pour le manger après avoir repensé à la fameuse “règle des cinq secondes” ?
Si vous avez choisi la seconde option, John Tregoning, professeur d’immunologie vaccinale à l’Imperial College de Londres, a une mauvaise nouvelle pour vous. Il cite trois études sur la contamination croisée par les bactéries qui tendent toutes à indiquer que cette règle est un mythe.
Dans la première étude, les chercheurs ont observé ce qu’il se passait lorsqu’ils faisaient tomber certains aliments (du pain, beurré ou non, de la pastèque et des oursons en gélatine) sur certaines surfaces (carrelage, acier, bois et moquette) au préalable recouvertes de bactéries. “La contamination est presque immédiate”, explique-t-il, en précisant que le pire cas de figure est celui où un aliment humide, comme la pastèque, rencontre une surface solide, comme le carrelage ou l’acier.
Une deuxième étude, menée cette fois avec des saucisses cuites, montre que les bactéries contaminent la viande même après plusieurs heures :
“Si l’on pose un morceau de poulet contaminé sur un plan de travail puis, deux heures plus tard, on fait tomber un morceau de pain au même endroit, des bactéries du poulet pourront se retrouver sur le pain. Elles restent présentes pendant environ vingt-quatre heures.”
La troisième étude a appliqué la “règle des cinq secondes” à des instruments chirurgicaux. Sans grande surprise, les chercheurs en ont conclu que si un chirurgien en faisait tomber un par terre, il fallait le nettoyer avec un détergent pour pouvoir l’utiliser à nouveau sans danger.
Et votre bout de concombre, dans tout ça ? “Il faut faire une croix dessus”, estime John Tregoning. Le rincer à l’eau ne suffira pas à le nettoyer complètement. Surtout si vous êtes particulièrement sujet aux infections ou s’il est possible que votre chien ait rapporté quelque chose de douteux de sa balade. Et cela, même si plusieurs heures se sont écoulées entre-temps.
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Source de l’article
The Guardian (Londres)
L’indépendance et la qualité caractérisent ce titre né en 1821, qui compte dans ses rangs certains des chroniqueurs les plus respectés du pays. De centre gauche, proeuropéen, The Guardian est le journal de référence de l’intelligentsia, des enseignants et des syndicalistes.
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