Raffa Guido annonce une résidence à l'Audio Club de Genève

Raffa Guido annonce une résidence à l'Audio Club de Genève

Publié4. septembre 2026, 18:37

DJ genevoisRaffa Guido joue à l'Audio Club samedi et y annonce une résidence

Après le succès mondial de «Famax», l'artiste romand joue au festival «DAY AND NIGHT» ce 5 septembre, et lance son propre label.

Fabio Dell'Anna

Raffa Guido est l'une des têtes d'affiche du festival «DAY AND NIGHT» qui a lieu à l'Audio Club de Genève, le 5 septembre 2026.

Raffa Guido est l'une des têtes d'affiche du festival «DAY AND NIGHT» qui a lieu à l'Audio Club de Genève, le 5 septembre 2026.DR

Samedi 5 septembre, l'Audio Club de Genève accueille la deuxième édition de son festival «DAY AND NIGHT»: vingt heures de musique, trois scènes, quinze artistes et un line-up qui mêle générations et esthétiques électroniques. Parmi Patrick Mason, Agoria et Breakbot, un nom résonne avec une saveur toute particulière à Genève: Raffa Guido.

À 27 ans, le DJ local (à la renommée mondiale) pose un jalon. «Je mixe là-bas pour la première fois samedi soir. C'est l'un de ces endroits où je me suis toujours imaginé jouer.» Dans la foulée, l'artiste annonce une résidence au club, faite de rendez-vous rares. «On veut garder cet esprit: quand je viens, il faut que ce soit exclusif, que j'apporte un univers musical différent.»

Pour Raffa Guido, l'Audio est bien plus qu'un club. C'est le lieu qui l'a fait basculer dans la culture électronique genevoise. «Quand j'ai eu l'âge de sortir, la première chose que j'ai faite, c'est aller voir Luciano à l'Audio. Je m'en souviendrai toute ma vie.» Luciano, figure suisse de la house minimale et mentor revendiqué, lui a montré la voie. À une époque où il ne voyageait qu'en Italie ou en Espagne, pays d'origine de ses parents, l'Audio est devenu sa fenêtre sur un autre monde. «Je n'avais pas les moyens d'aller découvrir d'autres scènes. C'était ma manière de sortir et de découvrir vraiment la musique.» Il y découvre des programmations pointues. «C'était un peu le QG.» Aujourd'hui, son nom rejoint l'affiche. «L'Audio, c'est l'essence même de cette musique qui m'a parlé depuis que j'étais gamin.»

«Je veux mélanger les cultures, apporter mon univers, pas seulement celui avec lequel j'ai été connu»

Raffa Guido, DJ

Cette musique, Raffa Guido veut désormais l'assumer sans filtre. Son tube «Famax», qui dépasse les 100 millions de streams sur Spotify, lui a offert une visibilité internationale et une place de choix dans l'afro house. Mais le succès a aussi eu son revers: celui de l'étiquette qui colle à la peau. «Après un hit, les labels attendent que tout suive derrière. Ils veulent que je refasse la même chose que «Famax». Sauf que refaire la même chose, c'est impossible.» Le producteur ne renie pas les percussions, les grooves afro et les couleurs latines qui irriguent ses sets. Mais son horizon est plus large. «Ma vraie âme, c'est la house music, la vibe underground d'Ibiza des années 2000. Je veux mélanger les cultures, apporter mon univers, pas seulement celui avec lequel j'ai été connu.»

Cette indépendance aura bientôt un nom: LAFAMA Records. Le label doit lui permettre de sortir sa musique selon ses propres règles, d'ici la fin de l'année ou début 2027, peut-être avec un EP exclusif. «Un label devrait être une maison où tu amènes ta musique sans réfléchir, parce que tu l'aimes. Aujourd'hui, j'ai parfois l'impression qu'on te donne un cahier des charges. Ça bloque la créativité.» LAFAMA, ce n'est pas qu'un label: c'est aussi une soirée. Le 30 avril, il a déjà donné corps à ce projet aux Halles de l'Île. «J'ai toujours voulu créer un univers autour de ma musique, quelque chose de familial. «LAFAMA», ça vient de «Famax», mais ça sonne comme «la famille».» À l'Audio, sa résidence devrait prolonger cette idée: des soirées, une communauté, du merch, des invités et une identité capable de faire rayonner Genève autrement. «Mon objectif, c'est toujours de renforcer Genève, d'amener quelque chose de nouveau à la ville.»

Il ouvre pour DJ Snake à Ibiza

L'été a fini de lui donner l'élan nécessaire. Le Romand en a passé les trois quarts à Ibiza, entre travail en studio et scènes. L'un de ses moments les plus forts? Son invitation à jouer juste avant DJ Snake et J Balvin à l'Ushuaïa. «J'étais chez le coiffeur quand le management de DJ Snake m'a contacté: «Tu es disponible dimanche?» Je me suis retrouvé à ouvrir sa résidence à Ibiza. C'était incroyable.» Avec DJ Snake, les échanges sur Instagram duraient depuis des années. Raffa Guido admire chez lui «quelqu'un de très ouvert, qui mélange les cultures et ne s'enferme dans aucun style». Après le show, les artistes ont poursuivi la soirée ensemble en loge. «C'est un mec super sympa, humble, avec tout le succès qu'il a.» Une future collaboration? Rien n'est acté.

Pour la suite, Raffa Guido ne formule pas un vœu de gloire. Il demande: «Souhaitez-moi d'être le plus libre possible dans ma musique.» Libre de quitter les cases, de garder les percussions mais de les emmener ailleurs, de faire de la house, de l'afro, du latin ou autre chose encore. Libre, surtout, de transformer le succès de «Famax» en point de départ plutôt qu'en plafond. Samedi, à l'Audio, le DJ genevois jouera une date de prestige et lancera un chapitre qui lui ressemble davantage.

Fabio Dell'Anna

Fabio Dell'Anna (fda) est journaliste au sein de l'équipe nationale de 20 Minutes, à la rubrique People, depuis janvier 2026. Son domaine de prédilection est la musique.