Ramasser du bois en forêt pour vous chauffer cet hiver ? Attention, vous risquez jusqu’à 45 000 euros d’amende pour cette grave erreur

Ramasser du bois en forêt pour vous chauffer cet hiver ? Attention, vous risquez jusqu’à 45 000 euros d’amende pour cette grave erreur

À l’approche de l’hiver, l’Office National des Forêts rappelle que ramasser du bois en forêt, même mort, est réglementé.

Les températures baissent, le coût de l’énergie augmente… À l’approche de la saison hivernale, la tentation de ramasser du bois en forêt pour alimenter son poêle ou sa cheminée est grande. Ramasser les morceaux de bois qui jonchent le sol au cours d’une balade pour les ramener dans son logis peut sembler complètement anodin, mais attention !

Cette pratique est en fait grandement réglementée, comme le rappelle un communiqué de l’Office National des Forêts (ONF). Alors est-ce autorisé et, si oui, sous quelles conditions ? Midi Libre fait le point.

Quelles sont les règles ?

La gestion de toutes les forêts françaises est encadrée par le code forestier. Concernant le ramassage du bois, il faut se pencher sur l’article R 163-1. Et ce dernier est clair : que la forêt soit publique ou privée, ramasser des branches et des petits morceaux de bois, se servir dans les piles de bois en bord de route ou couper du bois constitue une infraction, sauf accord du propriétaire.

Même si le bois est mort et gît au sol rongé par l’humidité, rien n’y change : il demeure la propriété exclusive de la personne qui possède la forêt. Une particularité qui peut sembler zélée, mais qui a pourtant une réelle justification. "Du point de vue sylvicole, le bois mort n’est pas un signe de mauvais entretien […] il est bénéfique à l’écosystème forestier pour la biodiversité, la fertilité des sols mais également le renouvellement de la forêt", explique l’ONF.

Sans surprise, les bûches et billons entreposés temporairement le long des routes forestières n’échappent pas à la règle. Même s’ils restent parfois plusieurs semaines entreposés en forêt ils ne sont pas abandonnés. Ils attendent simplement d’être transportés vers les usines de transformations.

À qui faut-il s’adresser ?

À noter qu’en France métropolitaine, la répartition globale de la surface forestière est de 75 % de forêt privée et de 25 % de forêt publique, appartenant soit à l’État (forêts domaniales), soit aux collectivités territoriales (forêts communales et départementales). Si l’interlocuteur est tout trouvé dans le cas des forets privés, le déroulé peut sembler plus flou dans ce second cas de figure.

Bien qu’elles appartiennent à l’État ou aux communes, l’entretien, l’aménagement et la gestion de l’ensemble de ces forêts publiques sont assurés par un gestionnaire unique : l’Office National des Forêts. C’est donc à lui qu’il faut adresser sa requête.

Jusqu’à 45 000 euros

Ramasser du bois ou se servir dans les piles "représente une infraction", rappelle l’ONF. Les peines ne sont toutefois pas toutes les mêmes et dépendent de la quantité de bois prélevé.

D’après le code forestier, cet acte est passible d’une amende pouvant aller jusqu’à 1 500 euros, voire des peines applicables au vol (trois ans et 45 000 euros) pour la coupe ou l’enlèvement d’arbres "ayant au moins 20 centimètres de circonférence".

Pas sûr, donc, que le jeu en vaille la chandelle pour celles et ceux qui espéraient faire des économies sur l’énergie…