Religion. Visite de Léon XIV en France : ce qu'il faut attendre de la venue du pape à Paris et à Metz

Religion. Visite de Léon XIV en France : ce qu'il faut attendre de la venue du pape à Paris et à Metz

Il aura suffi d’une heure seulement pour que toutes les places du Stade de France soient attribuées. Le 10 août, à midi, les préinscriptions à la billetterie pour la veillée des Jeunes ont été ouvertes en ligne. Le soir même, le diocèse de Paris se réjouissait du succès : « Le Stade de France affiche complet ! Sa capacité d’accueil est désormais atteinte. Merci pour cet immense élan ! » Pour les milliers de recalés, la liste d’attente reste ouverte et les personnes non inscrites pourront également assister à l’événement depuis des espaces annexes hors stade, et de façon entièrement gratuite.

La veillée est un rassemblement religieux, ponctué par des chants et un temps de silence. Celle du Stade de France, prévue le 25 septembre, cible les « jeunes » (17-35 ans) auxquels l’accès sera strictement réservé. La perspective affichée est d’encourager les nouvelles générations à vivre leur foi au moment où les questions religieuses et spirituelles connaissent un certain regain d’intérêt et d’adhésion en Europe. L’engouement qui entoure le rendez-vous est d’abord suscité par la perspective de ce temps liturgique voué à la méditation et à la ferveur. Un besoin pour beaucoup de personnes de la « génération Z » de trouver l’apaisement dans la parole chrétienne, entre rythme de la vie moderne et échanges virtuels sur les réseaux.

Et une messe sur la place de la Concorde

La messe, prévue le lendemain, le 26 septembre à 15 heures, avec l’autel placé sur la place de la Concorde, laissera la foule se déployer sur les Champs-Élysées, la plus belle avenue du monde qui la prolonge. Le Vatican et le diocèse de Paris s’attendent à la venue de près de 500 000 fidèles pour ce moment de communion à grande échelle. Le fait que le pape choisisse d’officier place de la Concorde n’est pas anodin. Il marque sa volonté de tendre à l’unité, au dialogue et au rassemblement de toutes les sensibilités religieuses.

À l’origine, cette vaste étendue était nommée « place Louis XV ». Elle a été le théâtre de l’exécution de Louis XVI et le nom de « Concorde » a été choisi pour sceller les heures sombres de la Révolution française, en voulant symboliser la réconciliation et l’apaisement du peuple après la Terreur. Léon XIV s’apprête à lui insuffler une dimension sacerdotale, dans une France laïque qui a délaissé depuis longtemps le caractère sacré du pouvoir.

Affiche officielle de la venue de Léon XIV devant la cathédrale Saint-Étienne de Metz. Photo EBRA/Le Républicain Lorrain/Hugo Azmani

Paix et Europe, les sujets qui devraient rythmer la journée papale à Metz

C’est en Lorraine que Léon XIV achèvera, le 28 septembre, son voyage apostolique en France de quatre jours. Après la grand-messe médiatique du Stade de France et la rencontre privée avec des victimes de violences sexuelles à Lourdes (Hautes-Pyrénées), le pape ne se limitera pas à faire simplement de la figuration à Metz (Moselle). Sa journée aura une coloration européenne et géopolitique, à en lire le programme détaillé que vient de rendre public le Vatican. « Le thème [du] voyage est “Pour que le monde ait la vie” et cette devise correspond bien à notre terre où il y a eu tant de morts, de violence et de haine, à travers des guerres et des annexions. Car la vie y est toujours présente. Elle a été capable de se relever et de devenir un territoire transfrontalier de fraternité. Je suppose que Metz a été retenue pour ce message de paix », soulignait début juillet l’évêque de Metz, Mgr Ballot.

Avant la messe célébrée dans la cathédrale Saint-Étienne de Metz, le souverain consacrera la majeure partie de son programme messin à deux temps forts dont le propos sera centré sur la paix.
Le premier prendra la forme d’une rencontre à la faveur de laquelle le pape prononcera un discours sur le thème du dialogue interreligieux. Un marqueur de son récent pontificat au moment où les conflits se multiplient partout dans le monde.

C’est notamment ce qu’il avait fait en avril 2026, lors de son voyage historique en Algérie, en terre d’islam, mettant ainsi ses pas dans ceux de saint Augustin, l’un des pères de l’Église, qui était natif de la ville arabo-berbère de Thagaste, aujourd’hui Souk Ahras. Le mois suivant, il avait encore enfoncé le clou en insistant auprès des participants au colloque du Dicastère pour le Dialogue interreligieux, instance de la Curie romaine qui, depuis plus de 60 ans, promeut le dialogue interreligieux, l‘étude des religions et la formation des personnes, en accord avec les travaux de Vatican II, sur la compassion et l’empathie comme outils de solidarité au sein de l'humanité.

Contre les polarisations politiques

Toujours au cœur du centre Robert-Schuman à Metz, Léon XIV prononcera un second discours, consacré « Aux racines de l’Europe pour la paix et l’unité », thème de la seconde rencontre du jour. Sur les terres de Robert-Schuman - l’un des pères de l’Europe politique - Léon XIV devrait ainsi continuer de creuser un sillon déjà très largement esquissé. Le pape mise en effet ouvertement sur l’union, et plus largement sur le Vieux Continent, pour proposer un point d’équilibre alternatif aux antipodes des processus de polarisations politiques en cours, sous l’impulsion des pouvoirs américain, russe et chinois

À ce jour, rien n’a filtré sur les noms des chefs d’État ou de gouvernement qui pourraient assister à cette journée messine. Seul circule celui du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, déjà présent à Paris le 14 juillet lors de la Fête nationale.

À Metz, Hervé Boggio