Reprise de Duralex : 155 emplois sauvés, l'offre de Cédric Meston, déjà propriétaire de Tupperware France, retenue - ICI

Reprise de Duralex : 155 emplois sauvés, l'offre de Cédric Meston, déjà propriétaire de Tupperware France, retenue - ICI

Publié le mercredi 14 octobre 2026 à 14h10 Mis à jour le mercredi 14 octobre 2026 à 14h33

Le tribunal de commerce d'Orléans a annoncé ce mercredi après-midi le nom du repreneur de Duralex. L'offre du cofondateur de la start-up HappyVore Cédric Meston, soutenu par Xavier Niel, a été retenue. Il s'engage à garder 155 salariés. Il a promis d'injecter au moins 16 millions d'euros.

La reprise du Duralex par les salariés aura tenu deux ans. Ce mercredi, le tribunal de commerce d'Orléans a acté la reprise de la verrerie de La Chapelle-Saint-Mesmin par le cofondateur de la start-up HappyVore (substituts végétaux à la viande) Cédric Meston, soutenu par Xavier Niel, plus de quatre mois après le placement en redressement judiciaire de l'entreprise.

"C'est gagné ! Nous sommes les nouveaux propriétaires de Duralex, s'est félicité Cédric Meston, qui reprend la verrerie via sa holding Tomé. C'est une vraie responsabilité, on fera tout pour être à la hauteur et que la société soit pérenne dans le temps". Âgé de 32 ans, il prévoit un redimensionnement de la production au niveau des ventes et un repositionnement vers de nouvelles gammes, "pour mieux répondre aux nouvelles attentes des consommateurs".

La nouvelle direction de Duralex, avec à gauche Cédric Meston qui a porté le projet. © Radio France - L. Lahaix

Un projet de reprise à 16 millions d'euros

Selon les informations d'ICI Orléans, dans le montage financier, il a sollicité l'aide de l'État et des collectivités locales, à hauteur de six millions d'euros, avec des prêts des collectivités locales et des financements de l'État. Sur les 219 salariés actuels, il s'est engagé devant le tribunal à conserver 155 emplois. Cédric Meston n'en est pas à un coup d'essai, puisqu'il est aussi connu pour avoir repris Tupperware France en 2025, et le fabricant de pneus Black Star.

Sur les trois offres déposées auprès du tribunal de commerce d'Orléans, celle du groupe stéphanois Carlesimo, spécialisé dans la fonderie et la transformation de métaux, a été écartée. Il s'agit là de la cinquième fois en une vingtaine d'années que l'entreprise est reprise suite à une procédure judiciaire, moins de deux ans après sa reprise par les salariés réunis en coopérative.

Cédric Meston dit vouloir moderniser le site de La Chapelle-Saint-Mesmin

Dans son projet, Cédric Meston dit vouloir moderniser et décarboner la production, où la consommation d'énergie pèse aujourd'hui près de 20% du chiffre d'affaires de Duralex. "La situation est objectivement très difficile", avait-il expliqué à ICI Orléans à la mi-septembre. "L'industrie verrière fait face à des prix d'énergie durablement élevés en raison de la guerre en Ukraine et de la guerre en Iran, et en parallèle de ça, à une concurrence asiatique très intense. Pour autant, Duralex, c'est un fleuron industriel français, une marque exceptionnelle connue depuis plusieurs générations, et un savoir-faire unique. Notre projet est très financé, et ce de manière ferme par des partenaires privés. Il vise à assurer à Duralex un avenir durable, en inscrivant le site industriel de La Chapelle-Saint-Mesmin dans une démarche environnementale ambitieuse, notamment sur tout le volet de décarbonation de la production", avec sans doute un passage au four électrique.

À l'issue de l'audience au tribunal de commerce d'Orléans ce lundi, les syndicats s'étaient montrés plutôt optimistes. "On espère pouvoir continuer et que les nouveaux repreneurs investissent pour moderniser l'entreprise et investissent dans les machines, pour que l’on puisse gagner de l’argent. Sinon, on ira pas très loin", avait notamment déclaré le délégué CGT Philippe Dos Anjos, élu CGT et depuis 24 ans chez Duralex.

"Une nouvelle page de l’histoire de Duralex", réagit le ministre de l'Industrie

"La reprise de Duralex par la société Tomé ouvre une nouvelle page de l’histoire de cette entreprise emblématique de notre savoir-faire industriel, réagit ce mercredi le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin. L’État, avec le soutien de la Région Centre-Val de Loire et d’Orléans Métropole, a pris toute sa part dans ce projet. Je me rendrai ce vendredi après-midi sur le site pour préciser le soutien de l’État et les modalités de suivi de la reprise, afin d’en garantir la réussite dans la durée. Je serai également attentif à l’accompagnement des salariés qui ne seront pas conservés, pour favoriser leur retour à l’emploi".

Autre réaction, celle de François Bonneau, le président du Centre-Val de Loire. "Pour Duralex, marque emblématique et historique, pour ses salariés, tout devait être fait", précisant avoir soutenu "la meilleure offre industrielle et sociale".

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