Reprise des cours sous tension ce lundi : "Des dispositions ont été prises afin que les établissements puissent accueillir les élèves dans la sérénité"
Un adolescent a été placé en institution publique de protection de la jeunesse (IPPJ) après des dégradations perpétrées lors des émeutes estudiantines survenues jeudi à Liège, a indiqué samedi le parquet de Liège.
Deux jeunes âgés de 16 ans, impliqués dans des débordements constatés jeudi dans la cité ardente, ont été présentés samedi à un juge de la jeunesse liégeois. L'un des jeunes avait incendié une trottinette devant l'institut Marie-Thérèse. Des dégradations au niveau du collège Saint-Barthélémy étaient reprochées au second.
La contestation des lycéens en France touche des écoles en Belgique : "Ça va trop loin"Un des deux adolescents a été libéré samedi sous conditions tandis que le deuxième a été placé en IPPJ. Trois arrestations judiciaires et trois arrestations administratives avaient été opérées jeudi à la suite des manifestations étudiantes à Liège. Des violences et de nombreuses dégradations avaient alors été constatées.
Appel au calme
Malgré de nouveaux appels à manifester ce lundi, les cours vont reprendre de façon normale dans les écoles de tous les réseaux d'enseignement à Liège. "Des dispositions ont été prises afin que les établissements puissent accueillir les élèves dans la sérénité et la sécurité. La police et les éducateurs de rue resteront mobilisés. La volonté de tous les participants est de privilégier au sein des établissements le dialogue et la confiance envers les élèves", commente le bourgmestre Willy Demeyer.
Manifestations des lycéens en France - Blocages de lycées: 1.747 interpellations ce vendredi, plus de 5.000 depuis lundiDu côté du Hainaut, le pouvoir organisateur provincial a pris la décision, par mesure de sécurité, de débuter les cours à 10 heures lundi dans les écoles provinciales de Wallonie picarde et de Mons-Borinage, ont indiqué les instances samedi dans un communiqué. La situation sera réévaluée au jour le jour "notamment dans et autour de ses établissements de Tournai, Ath et Leuze concernés par des appels diffusés sur les réseaux sociaux."
Plusieurs écoles liégeoises bloquées par des élèves ce jeudi : des jets de projectiles et des dégradations, la police intervient (photos et vidéos)"Dès l'annonce des incidents de ce vendredi, les établissements provinciaux ont sur le champ intensifié la vigilance et les mesures de sécurité internes tant sur le plan organisationnel qu'à travers un renforcement du personnel d'encadrement sur le terrain. Les zones de police concernées effectuent des rondes très régulières et ciblées aux abords des établissements."
Bouchez plaide pour une suspension des allocations
Vendredi, entre 150 et 200 jeunes s'étaient rassemblés à divers endroits dans plusieurs quartiers scolaires de Tournai. Alertée, la police de Tournai était sur les lieux au moment des rassemblements. La bourgmestre de Tournai, Marie-Christine Marghem, avait évoqué à Belga un "mimétisme par rapport à ce qu'il se passe ailleurs. Des jeunes ont rassemblé des poubelles en rue et ont essayé d'y bouter le feu. Certains jeunes venaient, entre autres, d'Ath par chemin de fer", avait indiqué la bourgmestre.
De son côté, le président du MR Georges-Louis Bouchez a dénoncé, dans une vidéo publiée sur ses réseaux, une "instrumentalisation de l'extrême gauche" et cible les parents des casseurs. "J'estime que nous devons évoquer politiquement le maintien ou non des allocations familiales des parents de jeunes qui se livrent à de tels actes de dégradation de biens publics, de non-respect de l'autorité policière. Il me semble qu'une suspension temporaire serait justifiée", a-t-il indiqué.
Un mardi noir en vue en France
La contestation des élèves fait écho au blocage des lycées en France où plus de 5 000 interpellations ont eu lieu suite aux incidents survenus jeudi et vendredi. La situation risque à nouveau d'être particulièrement tendue ce mardi, où une grande journée de manifestation et de grève nationale est prévue.
Les manifestants protestent contre le manque de moyens dans l'éducation, les suppressions ou gels des aides au logement, la hausse des frais d'inscription pour certaines catégories d'étudiants, et réclament de meilleures conditions d'études.
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