Quand les socialistes parlent aux socialistes

Quand les socialistes parlent aux socialistes

Maxence Lambrecq revient sur le débat de la primaire sociale-démocrate, diffusée hier sur France Inter et France 2. Un rendez-vous militant.

C’était leur moment. Une vitrine inédite. 2h15 et de débat en prime time sur le service public pour donner à voir ce que la social-démocratie peut transformer dans notre pays. En quoi elle peut « changer la vie ». Du jamais vu depuis 10 ans. Depuis janvier 2017.

À l’époque, ils étaient 7 sur le plateau. Sylvie Pinel, messieurs Hamon, Peillon, Valls, Montebourg, de Rugy, Benhamias. On y parlait alors de « revenu universel ». L’idée de Benoît Hamon qui faisait sensation et qui lui a ouvert le chemin de la victoire.

Hier soir, on n’en était pas là. Non, il était question du taux de CSG sur les salaires. Faut-il ou non l’abaisser pour rapprocher le net du brut, comme le propose Raphaël Glucksmann ? « Une dérive libérale » aux yeux d’Olivier Faure. Débat intéressant, en soi, mais enfin, c’est quand même une petite pièce du puzzle. On n’a jamais vu l’image complète. On a eu les quatre coins, ce que je suggère souvent à mes enfants pour démarrer, c’est pas mal.

Respect de l’état de droit, Hausse du SMIC, soutien des lycéens, dénonciation de l’extrême droite et de Jordan Bardella, à leurs yeux, « disqualifié ».

Après, ils se sont envoyés quelques pièces à la figure. Elles sont retombées sur le plateau.

Le « jusqu’au boutisme » dans la guerre en Ukraine, attaque de Royal contre Glucksmann.

Est-ce un crime contre l’humanité ou un « génocide » à Gaza ? Olivier Faure veut encore coincer le patron de Place Publique qui lui lance : « Ce que tu fais est obscène ».

Mélenchon : jamais ô grand jamais ou peut-être un jour quand même ?

Et voilà qu’on s’écharpe en se tutoyant « Maintenant, tu vas m’écouter, Olivier ! »

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Chacun joue sa pièce, mais il manque une partie, un fil conducteur

Mais, c’est en réalité la même histoire à droite et au centre. Gabriel Attal, Édouard Philippe, Bruno Retailleau proposent chacun leurs morceaux de programme, leurs pièces du puzzle. Mais, avec eux, on aura quelle France ?

Tout dévoiler aujourd'hui, ce peut être un handicap ensuite. Quand il faut relancer la machine avec de nouvelles idées, donner l’impression qu’on en a toujours sous le pied. En 2017, Emmanuel Macron avait entendu le 2 mars pour dévoiler son projet complet.

Il devient urgent, pour eux, de lancer une candidature social-démocrate. Pouvoir dire « il n’y a pas que Mélenchon ». Mais, hier soir, on a frôlé la bonne vieille table ronde du samedi après-midi au congrès du PS car cette primaire n’en est pas une. C’est une désignation militante avec un écho médiatique exceptionnel étant donné le corps électoral. Tout au plus 100 000 personnes, 20 fois moins qu’il y a 10 ans.

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54 min