Les pistes que veut explorer le ministre du Travail pour les retraites

Les pistes que veut explorer le ministre du Travail pour les retraites

20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Publié le 18/09/2026 à 21h10 • Mis à jour le 18/09/2026 à 21h10

La conférence Travail Emploi Retraites a achevé, ce vendredi, plus de six mois de discussions entre syndicats et patronat, en l’absence du Medef. Le document final remis aux partenaires sociaux ne propose pas de réforme clé en main mais avance plusieurs pistes sur les retraites, la pénibilité, l’intelligence artificielle ou encore l’emploi des jeunes. « Je souhaite que (ce document) soit un point de départ pour poursuivre les discussions sur des sujets ô combien importants dont notre pays a besoin », a déclaré le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou.

Sur les retraites, les trois garants de la conférence mettent en avant la création d’un « âge d’équilibre », distinct de la durée de cotisation. Décote et surcote s’appliqueraient avant ou après cet âge, qui pourrait évoluer avec l’espérance de vie. Les garants soulignent par ailleurs les « graves inconvénients » que présenterait une suppression de l’âge légal pour les personnes aux carrières hachées. « Partir plus tôt serait possible à la condition, sauf régime de retraite anticipée, d’accepter une décote significative et, en réalité, dissuasive », précisent-ils.

Les partenaires sociaux divisés

La proposition divise les partenaires sociaux. Xavier Geoffroy, de l’U2P, se félicite que « la question de la soutenabilité (du système), de la démographie, soit abordée de façon dépassionnée ». La CGT et Solidaires rejettent en revanche cet âge d’équilibre. Denis Gravouil, pour la CGT, y voit « un moyen hypocrite de reporter l’âge de départ […] puisqu’il y aurait une règle d’or pour ajuster cette hausse automatique ».

Sur la pénibilité, les garants proposent de reprendre un mécanisme collectif permettant de reconnaître la pénibilité de certains métiers exposés à des risques comme les postures pénibles ou les vibrations mécaniques. Une visite médicale en fin de carrière pourrait déclencher une retraite anticipée ou un passage à temps partiel avec maintien du salaire. « Avant de demander jusqu’à quel âge les travailleurs et travailleuses doivent travailler, il faut regarder dans quelles conditions ils travaillent », a souligné la secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon.

La capitalisation seulement en complément

Sur la capitalisation, le document écarte une substitution totale au système par répartition. Si un mécanisme additionnel était retenu, il devrait concerner « l’ensemble des catégories de salariés » afin de ne pas créer de nouvelles inégalités. FO maintient son opposition. « La retraite par répartition fait consensus, on dit que c’est le système le plus efficient. Du coup, pourquoi on ne le renforce pas ? », a réagi Patricia Drevon, secrétaire confédérale du syndicat.

Notre dossier sur les retraites

La conférence appelle enfin à un accord national interprofessionnel sur l’intelligence artificielle et à des investissements publics importants dans ce domaine. « C’est un sujet qu’il faut ouvrir vite », estime Eric Chevée, vice-président des Entrepreneurs. Sur l’emploi des jeunes, le document affirme que l’apprentissage « ne saurait être une variable d’ajustement budgétaire » et plaide pour une meilleure orientation à l’échelle des bassins d’emploi. Jean-Denis Combrexelle met aussi en garde contre le fait « d’envoyer des milliers d’étudiants dans les filières sans avenir ».