Retraites : vous êtes mère de famille ? Deux nouvelles mesures relatives à la "parentalité" entrent en vigueur ce mardi, voici ce que ça va changer

Retraites : vous êtes mère de famille ? Deux nouvelles mesures relatives à la "parentalité" entrent en vigueur ce mardi, voici ce que ça va changer

Ce mardi, de nouvelles mesures relatives à l’Assurance retraite rentrent en vigueur. Deux d’entre elles ont un lien avec la parentalité, et s’adressent notamment aux femmes, dont les pensions sont, en moyenne, inférieures à celles des hommes. On fait le point.

C’est l’un des principaux changements, et pas des moindres, qui entrent en vigueur ce mardi 1er septembre : à partir d’aujourd’hui, plusieurs mesures vont assouplir les règles de la retraite en France. Deux vont notamment concerner les mères. L’une aura des conséquences pour la retraite anticipée, et l’autre sur le montant de la pension. Voici ce qui va changer.

Sur les trimestres liés aux enfants

La première mesure vise à "mieux prendre en compte la parentalité dans le calcul des pensions", peut-on lire sur le site du Ministère du Travail. Concrètement, jusqu’à deux trimestres sur ceux liés aux enfants (au titre de la maternité ou de l’adoption, et au titre de l’éducation) pourront être pris en compte dans la durée d’assurance cotisée nécessaire pour bénéficier d’un départ anticipé.

Cette mesure peut permettre à certaines mères qui ont commencé à travailler jeunes de partir à la retraite plus tôt, lorsqu’elles étaient proches de remplir les conditions de la carrière longue.

Interrogée par Midi Libre, Sandrine Guilherm, conseillère au cabinet d’expertise retraite Capiséo, confirmait qu’elle "permettra aux femmes qui ont commencé à travailler tôt, mais qui n’avaient que 168 trimestres, d’atteindre le Graal et de partir deux ans avant l’âge prévu. Mais très peu de femmes sont concernées", avait-elle nuancé.

Sur les "meilleures" années de salaire

Pour déterminer le montant de la retraite de base, le salaire annuel moyen est normalement calculé à partir des 25 meilleures années de salaire. Désormais, il sera calculé sur les 24 meilleures années pour "les bénéficiaires de majoration ou de bonification au titre d’un seul enfant" et sur les 23 meilleures années "lorsqu’ils bénéficient de majorations ou de bonifications au titre d’au moins deux enfants", prévoit le décret. Cela vaudra pour les hommes comme pour les femmes.

Ces dernières, plus susceptibles que leurs homologues de connaître des années avec un salaire amoindri si leur carrière a été interrompue ou réduite en raison des enfants, devraient apprécier la mesure, bien que pour Marina Joly, référente législation à la Carsat Languedoc-Roussilon, il "aurait fallu proposer a minima les 20 meilleures années".

Des pensions largement inférieures à celles des hommes

En outre, une nouvelle bonification d’un trimestre par enfant sera accordée aux femmes ayant accouché à partir du 1er janvier 2004, et appartenant aux régimes de la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL) et du Fonds spécial des pensions des ouvriers des établissements industriels de l’État (FSPOEIE).

Ces mesures vont-elles vraiment "mieux reconnaître l’impact de la parentalité sur les carrières, améliorer les pensions des femmes et rendre le dispositif des carrières longues plus équitable", comme l’espère Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités ? Cela reste à voir.

C’est en tout cas ce qu’il faut espérer, alors que "les femmes résidant en France avaient une pension de droit direct moyenne (y compris l’éventuelle majoration pour trois enfants ou plus) inférieure de 38 % à celle des hommes en 2023", selon des chiffres de la Drees en 2025.