Retro Classics Essen 2026 – Exposition de 3 rares Bugatti Royale reconstruites

Du 8 au 12 avril 2026, la Messe Essen a accueilli la toute première édition du salon Retro Classics Essen, nouveau rendez-vous international de l’automobile de collection né après la disparition du Techno Classica dans la même ville en 2025. Parmi les temps forts de cette édition inaugurale, l’exposition spéciale « 100 Ans de la Bugatti Royale », installée au Hall 3, a constitué l’un des points d’orgue du salon, aux côtés d’autres célébrations d’anniversaire comme les « 50 ans de la VW Golf GTI ».

Grâce à l’exposition temporaire et inédite « 100 Years of Bugatti Royale », les Bugatti Royale disparues ont pu renaître et être mise en avant au salon Retro Classics Essen 2026.

Un siècle après le lancement de la plus grande Bugatti jamais construite
La Bugatti Type 41, plus connue sous le nom de Royale, avait été présentée par Ettore Bugatti lui-même à Molsheim, en Alsace, en 1926. Conçue comme la voiture la plus vaste, la plus onéreuse et la plus raffinée jamais produite par la marque, elle visait une clientèle très restreinte : les familles royales européennes. Le défi technique était considérable pour l’époque, avec un châssis de six mètres de long destiné à accueillir un moteur de 12,7 litres développant près de 300 chevaux, pour une vitesse de pointe annoncée à 200 km/h.

Ettore Bugatti prévoyait initialement d’en construire vingt-cinq exemplaires. La crise économique mondiale de 1929 a mis fin à cette ambition : seuls sept châssis ont finalement vu le jour, dont un unique prototype, et trois voitures seulement ont trouvé preneur parmi la clientèle visée. Six exemplaires subsistent aujourd’hui, un septième ayant été détruit dans un accident.

Trois « Missing Royales » reconstruites, au cœur de l’exposition
C’est précisément l’histoire mouvementée de ce prototype originel que retrace la scénographie imaginée par Eric van Lammeren pour Retro Classics Essen. Trois véhicules y ont été présentés sous forme de reconstructions spectaculaires, retraçant les différentes vies de ce même châssis prototype au fil de ses carrosseries successives : les « Missing Royales ».

La Bugatti Royale Prototype Packard (1926) ouvre le parcours. Pendant les cinq années où Ettore Bugatti a lui-même utilisé et développé ce châssis comme voiture d’essai, celui-ci a dû être carrossé. Bugatti a alors eu recours à une carrosserie américaine de la marque Packard, un torpédo à quatre ou six places acquis en 1925. La reconstruction exposée à Essen a été restaurée à partir de pièces d’origine rassemblées à travers le monde, dont le châssis et le moteur, puis habillée d’une carrosserie Packard authentique.

La Bugatti Royale Prototype Weymann (1929) représente la quatrième carrosserie que reçut ce même châssis, œuvre cette fois du carrossier parisien Charles Weymann. Sous cette robe élégante, la Royale a remporté plusieurs concours d’élégance en 1929. Sa malle en cuir, pièce d’exception, avait été spécialement réalisée par le sellier parisien Émile Hermès, ami personnel d’Ettore Bugatti – la maison Hermès s’en servant à l’époque pour sa propre communication. L’histoire de ce prototype s’est achevée tragiquement : gravement accidenté par Ettore Bugatti lui-même en mars 1931, il fut rapidement démantelé à l’usine de Molsheim.

La Bugatti Royale Esders Roadster (1932) complète le trio. Sa reconstruction reprend les codes du roadster commandé par l’industriel Armand Esders, l’une des rares Royale effectivement livrées à un client, dont la carrosserie a été démontée et stockée, avant de disparâitre tragiquement suite à des bombardements durant la Seconde Guerre Mondiale.
Les trois véhicules sont réunis sous l’emblème resté célèbre de la Royale : le bouchon de radiateur figurant l’éléphant dansant, sculpté par Rembrandt Bugatti, frère du fondateur de la marque.

Un accueil très favorable pour une première édition
À l’issue du salon, Eric van Lammeren s’est dit particulièrement satisfait d’avoir pu présenter à Essen la Royale de 1926 aux côtés de ses « sœurs », soulignant l’enthousiasme du public venu découvrir ces automobiles d’exception. Plus largement, les organisateurs et exposants de Retro Classics Essen 2026 ont salué la qualité du public de cette première édition, mêlant collectionneurs, professionnels et passionnés venus d’Europe entière, ainsi que la richesse de la programmation, avec près de 2 500 véhicules répartis dans huit halls d’exposition.

En redonnant vie, un siècle après leur création, à ces trois carrosseries disparues d’un seul et même châssis mythique, l’exposition « 100 Years of Bugatti Royale » aura offert à Retro Classics Essen l’un des moments les plus marquants de son édition inaugurale – un hommage appuyé à la démesure visionnaire d’Ettore Bugatti et à un chapitre quasiment effacé de l’histoire automobile.
Photos : Sylvain Richard – 4Legend.com



















