Revenante de Syrie, une Française condamnée à onze ans de réclusion pour avoir rejoint Daesh
20 Minutes avec AFP
Publié le 23/10/2026 à 21h02 • Mis à jour le 23/10/2026 à 21h15
Une nouvelle revenante de Syrie condamnée. Ancienne islamiste radicale, Vanessa Bérard, a été condamnée ce vendredi à onze ans de réclusion criminelle pour avoir rejoint en 2013, les zones contrôlées par l’organisation Etat islamique (EI), avec ses deux enfants de 2 et 5 ans.
Originaire de la région lyonnaise, cette femme de 38 ans a également été reconnue coupable de tentative de meurtre sur son conjoint, le djihadiste nîmois Mohamed Skalab, grièvement blessé d’un tir de fusil à pompe en 2014 à Raqqa (Syrie). Le président de la cour d’assises spéciale de Paris a toutefois pris soin de lui expliquer qu’elle avait été entendue sur « le contexte de violences conjugales particulièrement intenses » dont elle était alors victime ainsi que ses enfants.
Impossible acquittement
Insistant sur la distance prise avec les déclarations successives et changeantes de Mohamed Skalab, le magistrat a expliqué à l’accusée qu’un acquittement sur ce point était « juridiquement impossible », mais que cette tentative de meurtre avait été laissée « un peu à l’écart » pour fixer la peine.
Pour le reste, une association de malfaiteurs terroriste criminelle et la soustraction et la mise en danger de ses enfants, la cour « a pris en compte (l') enfance particulièrement cabossée » et « tous les traumatismes » de Vanessa Bérard, a encore expliqué le magistrat. Enfant placée dès l’âge de 6 mois, Vanessa Bérard a été en butte toute sa vie à de nombreuses violences, y compris sexuelles, commises par les hommes dont elle a croisé le chemin.
Une notable amélioration
Ce parcours offre une « clé de compréhension » pour la « radicalisation particulièrement violente » de Vanessa Bérard, qui l’a amenée en Syrie et à y rester jusqu’à la chute de l’EI en 2019.
Le verdict prend aussi en compte « les efforts considérables » déployés par Vanessa Bérard depuis son rapatriement et son incarcération en octobre 2022, a expliqué le président.
Au cours des débats, Vanessa Bérard a su convaincre la cour qu’elle avait tourné le dos à tout radicalisme religieux et ne présentait plus de dangerosité manifeste.