Rivières à sec, restrictions d'eau, déficit de pluie... Visualisez la sécheresse historique que traverse la France en quatre graphiques

Rivières à sec, restrictions d'eau, déficit de pluie... Visualisez la sécheresse historique que traverse la France en quatre graphiques

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France Télévisions

Publié le 12/08/2026 05:55

Mis à jour le 12/08/2026 08:34

Temps de lecture : 4min

Le lit asséché du lac des Brenets à la frontière franco-suisse le 28 juillet 2026. (FABRICE COFFRINI / AFP)
Le lit asséché du lac des Brenets à la frontière franco-suisse le 28 juillet 2026. (FABRICE COFFRINI / AFP)

La sécheresse frappe l'Hexagone et la Corse à des niveaux exceptionnels qui rappellent l'été 2022. Sans pluie significative depuis des mois et pour faire face à des cours d'eau asséchés et des nappes phréatiques qui se vident, les autorités enchaînent les arrêtés de restriction d'usage de l'eau.

Alors que la France subit toujours sa troisième vague de chaleur de l'été, qui ne s'est pas interrompue depuis le 28 juillet, la sécheresse frappe aussi durement l'Hexagone et la Corse. La liste des cours d'eau à sec s'allonge et les niveaux des nappes phréatiques se dégradent.

Face au manque d'eau, les autorités locales ont pris des arrêtés de restriction pour réguler la consommation de l'eau sur une grande majorité du territoire hexagonal. Franceinfo fait le point sur cet épisode de sécheresse exceptionnel.

Près de 1 400 cours d'eau à sec

Chaque mois, les agents du réseau Onde observent l'écoulement des petits et moyens cours d'eau. Ces relevés se font toujours aux mêmes points et permettent de suivre finement au fil des ans l'évolution de l'étiage. La dernière campagne nationale date de fin juillet et la carte est anormalement rouge. "Il s'agit de la situation la plus critique jamais enregistrée à cette période. Elle dépasse la sécheresse historique de 2022, avec 112 cours d'eau asséchés en plus, et s'avère deux fois plus sévère qu'en 2025", a alerté l'Office français de la biodiversité (OFB). Dans son dernier point de situation publié début août, l'OFB dénombre 1 373 cours d'eau "touchés par des ruptures d'écoulement" ou "des assecs", c'est-à-dire un assèchement total du cours d'eau. Cela représente 43% des stations d'observations.

Cet assèchement exceptionnel des eaux de surface n'est pas sans conséquence pour le milieu naturel, et notamment pour les poissons car "quand il n'y a plus d'eau, il n'y a plus de circulation", a expliqué Pierre-Edouard Guillain, directeur général délégué de l'OFB, sur franceinfo. Le manque d'eau provoque également un réchauffement des cours d'eau et certaines espèces "vont être sensibles au stress de la température". Ces eaux plus chaudes ont aussi pour conséquences d'être "plus contaminées parce que moins diluées". Elles peuvent aussi être "envahies par d'autres végétaux". Tout cela participe donc au fait d'avoir "un écosystème qui est complètement modifié".

Des arrêtés dans 80% de l'Hexagone

Pour faire face à cet assèchement des cours d'eau, les autorités tentent de protéger les maigres stocks. Les préfets peuvent prendre des arrêtés pour restreindre, plus ou moins, l'utilisation de l'eau, en fonction de la gravité de la situation. Répartis en quatre niveaux, ils vont de la simple "vigilance" – qui préconise de faire attention à son usage de la ressource – jusqu'à la "crise" – qui peut entraîner localement l'interdiction des prélèvements en eau pour l'agriculture, les espaces publics et les usages domestiques non prioritaires. Entre les deux, les niveaux d'"alerte" et "alerte renforcée" imposent de réduire l'utilisation de l'eau et restreignent ou interdisent certains usages, comme l'arrosage entre 8 heures et 20 heures, la vidange et le remplissage des piscines ou encore le lavage des voitures.

La sécheresse exceptionnelle qui frappe l'Hexagone et la Corse a contraint les autorités à prendre de tels arrêtés presque partout pour protéger les eaux de surfaces, qui correspondent aux fleuves et rivières dans lesquels de l'eau serait puisée. Au 5 août, plus de 80% du territoire était couvert par des arrêtés et 70% de la France par des restrictions strictes correspondantes aux niveaux d'alerte, d'alerte renforcée et de crise. Un tel volume de restriction est inédit sur ces dix dernières années et dépasse déjà le record de 2022.

Ces arrêtés peuvent également être pris pour restreindre l'usage de l'eau potable et de l'eau souterraine. En plus des cours d'eau qui s'assèchent, les niveaux des nappes phréatiques se dégradent également. Au 1er août, 94% des réserves souterraines présentaient des niveaux en baisse et "63% des points d'observations sont en dessous de la normale", a pointé l'hydrogéologue David Ratheau lors d'un point de situation du Bureau de recherches géologiques et minières.

Un mois de juillet historiquement aride

La vidange des nappes phréatiques est particulièrement intense en 2026 du fait du "déficit pluviométrique et de l'augmentation de la demande en eau avec les canicules", explique David Ratheau. "Cette année, on a eu une bonne recharge au mois de février sur les trois quarts du territoire donc on avait des stocks satisfaisants au début du printemps avec des nappes plutôt hautes. Le souci, c'est qu'il n'a pas plu depuis trois ou quatre mois", poursuit l'hydrogéologue. En effet, la pluie ne tombe presque plus ou à des niveaux bien insuffisants depuis mars, exception faite du mois de mai qui était dans la moyenne.

En juillet, Météo-France pointe un déficit de pluie de 41,4 mm en moyenne à l'échelle nationale par rapport à la moyenne de référence calculée entre 1991 et 2020. "Juillet 2026 se classe ainsi au 3e rang des mois de juillet les plus secs sur la période 1959-2026, derrière juillet 2022 et juillet 2020", explique l'institut de prévisions dans son dernier bulletin de situation hydrologique. Les sols se retrouvent particulièrement secs. "Fin juillet, l'indice d'humidité des sols superficiels atteint des niveaux équivalents à ceux de mi-août 2022, niveaux les plus bas jamais enregistrés", alerte l'agence météorologique.