"Notre objectif, c'était d'atteindre les demies" : récit d'un tournoi frustrant mais prometteur pour les Bleues
Éliminée dès les quarts de finale des Championnats d'Europe de rugby à 7 à Split, l'équipe de France féminine a quitté la Croatie avec des regrets. Mais derrière ce résultat frustrant se cache une génération prometteuse qui n’a rien lâché jusqu’au bout pour aller chercher une cinquième place.
Ce week-end se jouait la deuxième étape des Championnats d'Europe de rugby à 7, à Split. Après la médaille d'or décrochée lors du dernier tournoi, les Bleues se présentaient avec une équipe largement remaniée. Parmi les treize joueuses retenues, trois vivaient leur toute première sélection avec France 7, deux évoluaient encore en moins de 18 ans cette saison et trois autres étaient issues des moins de 20 ans. Une équipe largement renouvelée, privée de nombreuses cadres, qui découvraient pour beaucoup le très haut niveau international.
Les Bleues ont longtemps cru pouvoir atteindre le dernier carré
Le début de tournoi avait pourtant de quoi rassurer. Les Françaises avaient parfaitement lancé leur compétition en dominant largement la Turquie (41-5), avant de prendre le meilleur sur la République tchèque (36-21). Le véritable révélateur est arrivé face à l'Irlande. "Au début du tournoi, on s'était fixé comme objectif de passer les quarts de finale. Les deux premiers matchs avaient été plutôt faciles, puis on est tombées contre l'Irlande. Elles avaient cinq internationales d'expérience avec elles. Nous, au vu de l'équipe jeune qu'on avait à très peu de sélections, ça a été assez dur, surtout en défense", reconnaît Louen Laramy, qui participait à son deuxième tournoi à 7 de l'été.
Battues 33-0, les Françaises ont donc terminé deuxièmes de leur poule mais restaient pleinement dans leur objectif : un quart de finale face à l'Allemagne, à leur portée.
Des regrets... mais aussi des certitudes
Le scénario a de quoi faire rager. Menées 10-0 à la pause après deux erreurs défensives, les Bleues ont su trouver les ressources pour revenir et prendre les commandes de la rencontre (17-10), avant de finalement céder dans les dernières secondes (22-17).
Un scénario cruel, d'autant que le dernier carré ouvrait les portes du statut de sportif de haut niveau. "Si on terminait dans les quatre premières, on était assurées d'obtenir le statut de sportif de haut niveau. C'est aussi ce qui nous motivait énormément ", expliquait Louen Laramy. Pour ces jeunes joueuses, ce statut permet l'aménagement de l'emploi du temps scolaire, afin de pouvoir s'entraîner davantage avec les clubs. Un avantage loin d'être anodin dans le rugby féminin où la professionnalisation demeure encore limitée.
Les regrets sont d'autant plus importants que la suite du tableau semblait accessible, avoue la Montpelliéraine : "L'Allemagne, c'était un match serré, mais franchement, c'était faisable. Si on avait défendu comme lors de nos deux derniers matchs pour la cinquième place, je pense qu'on les battait."
Plutôt que de s'effondrer après cette élimination, le jeune groupe français a pourtant choisi de transformer sa frustration en moteur. Dès le coup de sifflet final, les joueuses se sont réunies sans le staff pour mettre des mots sur leur déception. "On s'est dit que c'était sans doute l'un des plus gros matchs qu'on avait disputés, mais qu'il y avait encore beaucoup de choses qui n'avaient pas été respectées dans le projet. On savait aussi que ce n'était pas grave, parce qu'on était une équipe vraiment jeune."
On n'a rien lâché jusqu'au bout
"On avait surtout pris énormément de plaisir à jouer ensemble. On s'est dit qu'on allait garder ce plaisir pour aller chercher cette cinquième place. Sur les deux derniers matchs, on a vraiment joué les unes pour les autres. Ça s'est ressenti sur le terrain. On n'a rien lâché jusqu'au bout", conclut-elle.
Finalement deuxièmes du classement général européen grâce à leur victoire lors de la première étape, les Françaises repartent de Split sans médaille, mais avec la certitude d'avoir grandi.