Saint-Étienne. Une manifestation en soutien à Farès, qui a perdu sa main le 17 octobre
Une manifestation de justice et soutien pour Farès qui a perdu sa main lors des événements du 17 octobre, « mais aussi pour sa famille et pour tous les mutilés du 17 ». Et les lycéens qui ont défilé vendredi à partir de 15 heures à Saint-Etienne n’entendaient pas déroger à leur règle d’une manifestation dans le calme et apolitique.
Premiers à en faire les frais, les sympathisants de Lutte Ouvrière, priés de ranger leurs drapeaux pour défiler fondus dans le reste de la foule. Environ 200 personnes qui ont pris le boulevard Jules-Janin pour rejoindre la gare de Carnot, pour finir au niveau de la gare du Clapier.
Et là encore, sur le parcours, alors qu’un adulte poussait le fameux « ACAB » contre la police, il se faisait fermement recadrer par un jeune étudiant : « Non, Monsieur, pas de slogan anti-police, ce n’est pas le lieu. » Et il avait beau jouer les papas-copains, le message était passé et il regagnait les rangs.
« Le couvre-feu à partir de 19 heures, c’est abusé »
Dans le cortège figurait une forte délégation du conseil municipal de Saint-Etienne, majorité et opposition, des conseillers départementaux, des responsables de syndicats. Isabelle Dumestre, adjointe au maire, expliquait sa présence : « C’est une colère légitime qui s’exprime, on veut être à leurs côtés pour discuter. C’est le défaut de dialogue qui conduit à la violence. »
Les jeunes ont défilé calmement. Et ce samedi, « on ira aussi ; mais s’il y a de la casse, nous, on se retire ». Que pensent-ils des arrêtés pris par le préfet de la Loire ? « Le couvre-feu à partir de 19 heures, c’est abusé. On ne peut même plus rejoindre des amis, après le lycée ! »
23 ans, se désole : « C’est une mesure qui s’inscrit dans un système paternaliste. L’interdiction de se réunir, ça veut dire que c’est encore l’État qui va choisir qui a de justes revendications et qui n’en a pas. Alors certes, en interdisant, on n’a plus le contrôle, mais ce n’est pas forcément mieux. En autorisant un tracé de manifestation, la police peut maîtriser plus facilement. » Ce père, présent à la manifestation avec sa fille de 15 ans s’énerve, « le préfet montre les muscles, mais viole les lois. Dans quelle constitution on interdit comme ça aux personnes de circuler ? On n’est pas dans une République bananière. Le problème ce ne sont pas les manifestants, mais ces policiers qui tirent sur nos gamins. »