Saône-et-Loire. Sécheresse et pêche : « Une eau à 22 °C est létale pour les truites »

Saône-et-Loire. Sécheresse et pêche : « Une eau à 22 °C est létale pour les truites »

La sécheresse et la canicule de ces dernières semaines ont mis à mal le niveau et la température des cours d’eau, mais la fédération de pêche de Saône-et-Loire assure que le département est moins impacté que d’autres par rapport au mal-être des poissons. « Il faut adapter sa technique de pêche aux poissons recherchés », estime-t-elle.

Catherine Zahra -

Aujourd’hui à 07:00

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« En Saône-et-Loire, nous sommes moins impactés par la mortalité des poissons due à la hausse des températures des cours d’eau », assure Cédric Goujon, de la fédération de pêche.  Photo fournie Par Cédric Goujon
« En Saône-et-Loire, nous sommes moins impactés par la mortalité des poissons due à la hausse des températures des cours d’eau », assure Cédric Goujon, de la fédération de pêche.  Photo fournie Par Cédric Goujon

« Nous ne sommes pas la fédération de pêche la plus impactée en Saône-et-Loire, notamment par rapport à celle de l’Ain avec ses truites », assure Cédric Goujon, de la fédération de pêche de Saône-et-Loire. « Une eau à 22 °C est létale pour les truites. En Saône-et-Loire, nous avons peu de zones à truites et celles-ci se situent principalement dans le Morvan et la région d’Autun, où les rivières sont plus fraîches. Nous n’avons donc pas de mortalité. »

Les truites de Saône-et-Loire se portent donc mieux que celles de l’Ain. « Mais cette situation a entraîné des arrêtés qui interdisent de marcher dans les rivières de première catégorie, celles des secteurs à truites, car elles sont plus sensibles », précise-t-il. Les 2es catégories (plans d’eau, rivières) comme la Saône, la Loire, la Seille ou l’Arroux, ne sont pas concernés, car « c’est moins grave d’y aller dans la mesure où ils sont moins sensibles. » Les cours d’eau en assec (sans eau) en Saône-et-Loire ne sont actuellement que de petits affluents peu concernés par la pêche.

Les carnassiers ont changé leur comportement

La montée des températures de l’eau a cependant changé la donne concernant le comportement des carnassiers (brochets, carpes, perches, sandres, silures…). « Une eau à plus de 30 °C est problématique pour les brochets », cite en exemple Cédric Goujon. « C’est le cas en ce moment en surface. C’est pourquoi ils recherchent des zones de refuge, obstacles et fosses, en journée où la température est plus fraîche. Ils limitent leurs déplacements et adaptent leur alimentation. Ils mangent moins et se nourrissent tôt le matin ou tard le soir. » C’est pourquoi il faut adapter sa technique de pêche aux poissons recherchés. « Pour les carnassiers, il faut pêcher tôt le matin ou tard le soir », explique Cédric Goujon. « Il n’y a que le silure et le black-bass que l’on peut pêcher en journée, car ils aiment les eaux chaudes. C’est aussi le cas de tous les poissons blancs comme les carpes, les gardons, les brèmes ou le poisson-chat. »

Quoi qu’il en soit, la Fédération de pêche de Saône-et-Loire a hâte de voir venir les prochaines pluies.