Sénégal: session parlementaire sur fond de rivalité entre le président de l’Assemblée et le chef de l'État

Sénégal: session parlementaire sur fond de rivalité entre le président de l’Assemblée et le chef de l'État

Au Sénégal, le président de l’Assemblée nationale Ousmane Sonko a ouvert, ce lundi 10 août, la première session extraordinaire de l’année. L’ordre du jour est chargé. Ces quinze prochains jours, les députés vont se pencher sur cinq textes de loi en tout. Deux de ces textes, portés par la majorité Pastef, seront examinés en procédure d’urgence. Très politiques, ils prolongent de nouveau dans l’hémicycle le face-à-face entre le camp d’Ousmane Sonko et celui de Bassirou Diomaye Faye.

Publié le : 11/08/2026 - 00:36Modifié le : 11/08/2026 - 02:21

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Avec notre correspondante à Dakar, Pauline Le Troquier

De nouveau, le Pastef remet sur la table la modification de l'article 37 de la Constitution. Elle obligerait le chef de l'État à déclarer son patrimoine en fin de mandat et non plus seulement à son arrivée au pouvoir. La mesure figurait déjà dans la révision de la loi suprême adoptée, fin juin, par les députés, révision aussitôt invalidée par le Conseil constitutionnel, un revers pour le camp d’Ousmane Sonko.

L’autre proposition de loi du Pastef vise à encadrer les crédits spéciaux, aussi appelés « fonds secrets », du nom de ces enveloppes versées à la présidence et à la primature. L’idée est de mieux les contrôler, avec par exemple un droit de regard exercé par une commission restreinte de députés. Sujet de discorde entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye, ce dossier avait précipité leur rupture, en mai dernier.

Derrière ces deux textes, Moussa Diaw, professeur en sciences politiques à l'université Gaston Berger de Saint-Louis, estime que le « Pastef veut forcer le président à rendre des comptes », à l’heure où Bassirou Diomaye Faye finance son nouveau parti, Kiiraay.

Au-delà de ce volet très politique, les députés se pencheront également sur trois projets de loi initiés par le gouvernement : le Code de la sécurité sociale, le Code du travail et enfin une loi pour la sécurité numérique, un sujet jugé prioritaire. Depuis octobre dernier, trois institutions sénégalaises ont été victimes de cyberattaques.

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