Postomat à La Sarraz: des clients piégés dans l'ancien bureau de poste

Postomat à La Sarraz: des clients piégés dans l'ancien bureau de poste

Publié14. octobre 2026, 14:10

Postomat à La Sarraz (VD)«Si vous entrez dans le local, vous ne pourrez plus ressortir!»

Depuis la fermeture de la poste, mi-août, des clients distraits se sont retrouvés coincés dans le local encore accessible. La coiffeuse voisine a volé à leur secours.

Durant plusieurs semaines, un bouton permettait de rentrer dans le local de l'ancien office de poste. Plusieurs personnes y sont restées enfermées.

Durant plusieurs semaines, un bouton permettait de rentrer dans le local de l'ancien office de poste. Plusieurs personnes y sont restées enfermées.

Une main sur les ciseaux ou la tondeuse, un œil sur l’ancien bureau de poste de l’autre côté de la rue. Cette coiffeuse de La Sarraz (VD), dont le salon est situé au cœur du village, redouble d’attention depuis le 14 août, date à laquelle l’office postal a fermé pour investir la boulangerie de la gare, dans une version plus light, trois jours plus tard.

Tout en domptant quelques toisons rebelles, elle guette les clients chargés de paquets ou ceux qui, distraits ou ignorant tout du déménagement, viennent retirer un peu d’argent. Et elle le fait pour une raison toute simple: «Le bureau a été vidé, le postomat condamné avec une planche, mais allez savoir pourquoi, la porte d’entrée automatique fonctionne toujours. Il suffit d’appuyer sur le bouton vert pour entrer dans le local. Le problème, c’est qu’une fois à l’intérieur, les gens n’arrivent plus à ressortir!»

Plusieurs personnes enfermées

Au cours des dernières semaines, au moins cinq personnes se sont retrouvées prises au piège. «Un jour, j’ai aperçu un homme enfermé essayer de tirer à mains nues sur la porte vitrée pour la faire bouger.» La coiffeuse a ainsi régulièrement traversé la route pour délivrer les malheureux prisonniers du sas, et une autre habitante en a fait de même au moins à une reprise. «À force, on a découvert qu’il y avait une poignée pour rouvrir la porte de l’intérieur, mais elle est un peu cachée et les gens ne la voient pas.»

«Un jour, j’ai aperçu un homme enfermé essayer de tirer à mains nues sur la porte vitrée pour la faire bouger.»

La coiffeuse voisine de l'ancien office de poste

Plusieurs habitués n’ont, semble-t-il, pas davantage vu l’information placardée sur la vitre à gauche de l’entrée, qui annonce le déménagement de La Poste. Ils sont passés tout droit. C’est pourquoi, en fin de semaine dernière et après avoir libéré deux nouvelles personnes, la coiffeuse a dégainé son feutre, une feuille de papier et du ruban adhésif pour scotcher un avertissement sur la porte. «Depuis, les gens s’arrêtent, lisent et ne rentrent plus. Mais est-ce à nous de devoir les avertir?», s’interroge la commerçante.

Après avoir secouru plusieurs usagers distraits, la coiffeuse du salon voisin a apposé une affichette de mise en garde.

Après avoir secouru plusieurs usagers distraits, la coiffeuse du salon voisin a apposé une affichette de mise en garde.20Min/fls

«On découvre une nouvelle surprise»

À La Sarraz, commune qui s’est battue comme tant d’autres pour garder son office, la thématique de la poste crispe. D’aucuns regrettent une réduction progressive de l’offre et la solution de rechange – une filiale en partenariat avec la boulangerie, ainsi qu’un service gratuit de paiement, de versement et de retrait d’argent liquide à domicile – ne convainc pas tous les utilisateurs. «Avec cette histoire de porte, on découvre une nouvelle surprise, souffle le syndic Guy Thonney. Face à ce constat, on ne peut qu’appuyer la population et remonter ce problème à La Poste.»

Contacté, le géant jaune dit prendre «très au sérieux» ce genre de signalements. «Nous avons été informés la semaine dernière par le propriétaire de l’immeuble d’un problème lié à l’accès au sas, explique une porte-parole. Nous avons immédiatement pris les mesures nécessaires et procédé au verrouillage de cet accès, une mesure effective depuis le début de la semaine.»

Désormais, la coiffeuse n’aura plus besoin de lâcher ses ciseaux.

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