Social. Mobilisation lycéenne : Louise, Elwan, Soumaya, Seydou… ces visages médiatiques qui ont émergé

Social. Mobilisation lycéenne : Louise, Elwan, Soumaya, Seydou… ces visages médiatiques qui ont émergé

Depuis le début du mouvement de contestation des lycéens, plusieurs représentants syndicaux ont été poussés sur le devant de la scène, jusqu’à aller négocier avec les membres du gouvernement pour obtenir des réponses à leurs revendications. Mais d’autres visages de la colère lycéenne et étudiante ont émergé sur les réseaux et interpellé le public grâce à leurs interventions médiatiques marquantes.

Contrairement à la plupart des figures qui sont apparues durant la contestation lycéenne, Louise Montangon s’est faite remarquer par son opposition ferme aux blocages. Il faut dire que la jeune femme de 22 ans étudiante à l’université Montaigne de Bordeaux - qui n’est plus lycéenne - y est responsable du syndicat étuditant UNI (Union Nationale Inter-universitaire), proche de la droite et de l’extrême droite. Louise Montangon est d’ailleurs adhérente au Rassemblement national et figurait sur la liste RN aux dernières élections municipales de Bordeaux. Sa première apparition marquante remonte au 6 octobre sur LCI, face à Gabriel Attal. « Ça ne sert à rien de me regarder avec un petit sourire, votre bilan est désastreux », avait-elle lancé à l’ancien ministre de l’Éducation nationale, avant de l’accuser d’être une « figure du laxisme », en partie responsable « des milliers de lycéens qui n’ont aucun cadre, aucune hiérarchie, qui ne respectent rien ». 

Il n’en fallait pas plus pour que l’étudiante soit invitée sur les plateaux télé, sur lesquels elle a largement critiqué le mouvement lycéen et l’impossibilité, pour certains élèves, de suivre leurs cours en raison des blocages. « J’ai honte d’appartenir à cette génération », a-t-elle même déclaré sur CNews. Sur la chaîne du groupe Bolloré, elle était allée jusqu’à critiquer le physique des manifestants : « Regardez-les physiquement, ça fait peur à voir. C’est vraiment quelque chose de commun à toute l’extrême gauche. Ils sont affreux », avait-elle déclaré, avant d’être reprise par le présentateur déplorant des « attaques physiques ».

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Elwan B.

De l’autre côté de l’échiquier politique, on trouve Elwan B, lycéen de 17 ans au lycée Jacques-Decours, dans le 9e arrondissement de Paris. Il s’est fait connaître dans une vidéo publiée le 4 octobre tournée par le youtubeur d’extrême droite Vincent Lapierre. Interrogé sur les raisons pour lesquelles cet établissement plutôt privilégié participait aux blocages, Elwan a surpris la toile, keffieh autour du coup, avec un monologue argumenté dénonçant la « ségrégation sociale » et plaidant pour « une gauche de rupture » face au vidéaste qui peinait à lui répondre.

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Applaudi par une large partie de la gauche et du mouvement lycéen, il a lui aussi rapidement été invité sur les plateaux télé où il a largement critiqué les réponses du gouvernement à la crise et la répression policière dans les manifestations. Elwan a même été adoubé comme un « tribun du peuple » par Jean-Luc Mélenchon, après une rencontre avec le leader insoumis lors d’une manifestation à Paris. « La France insoumise va sauver les jeunes », avait ensuite lancé le lycéen, qui avait par ailleurs précisé ne pas être « affilié directement » au mouvement.

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Quelques jours après sa première apparition, Elwan B. avait par ailleurs débattu avec Louise Montangon des blocages. Cette dernière l’avait notamment interrogé sur les violences qui ont émaillé les manifestations. Ce à quoi le lycéen avait répondu qu’il pouvait « comprendre une certaine violence », notamment « quand on vient de quartiers très compliqués ». Deux salles, deux ambiances.

Soumaya Sarré

Elle n’est pas lycéenne, mais ça n’a pas empêché Soumaya Sarré de devenir l’un des visages de la contestation après une série de vidéos publiées sur Instagram et TikTok. « Quand c’est pour t’imposer une manière de t’habiller, l’État est réactif. Mais quand c’est pour avoir des conditions d’éducation normales, il y a plus personne », lançait-elle il y a seulement deux semaines. Cette étudiante de 18 ans à la Sorbonne, à Paris, et ancienne lycéenne de Bondy (Seine-Saint-Denis), est aussi porte-parole du Rassemblement pour l’égalité et la démocratie (RED), créé en 2021 par des jeunes communistes.

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Soumaya Sarré a notamment pris la parole sur les réseaux et dans les médias pour porter les revendications du mouvement, en mettant l’accent sur les difficultés rencontrées par les jeunes issus des quartiers défavorisés. « Que ce soit dans la sphère politique ou dans la sphère médiatique, les quartiers populaires ont toujours été marginalisés et invisibilités. Dans ce mouvement, il a fallu qu’on s’impose pour qu’on nous donne la parole. Parfois, il a fallu en passer par des blocages qui ont pu dégénérer, mais c’était le prix à payer pour réussir à se faire entendre », a-t-elle ainsi expliqué à Mediapart mardi au cours d’un entretien croisé avec Elwan B. Le 4 octobre, elle avait d’ailleurs annoncé auprès du média Histoires Crépues la création d’un syndicat lycéen issu des quartiers populaires.

Seydou Ba

À 17 ans, Seydou Ba est lycéen à Rosny-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, et également militant LFI proche du maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko. Il se sert principalement des réseaux sociaux, où il cumule des dizaines de milliers d’abonnés, pour documenter le mouvement. « La jeunesse, elle est pas sur BFM aujourd’hui, elle n’est plus sur CNews », a-t-il ainsi déclaré au média en ligne Backseat.

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Cela n’a pas empêché Seydou Ba d’être invité dans les médias traditionnels au regard de sa popularité en ligne, et de faire part des revendications des lycéens concernant notamment la suppression de Parcoursup, la gratuité des transports ou l’allègement des emplois du temps des élèves. « La question du temps est au cœur de la mobilisation. Dans ma génération, il y a eu la disparition de quelque chose de fondamental : le droit à l’ennui », a-t-il aussi déclaré sur France 5.