« Son seul regret, c’est de s’être fait attraper » : un homme condamné à la perpétuité pour avoir tué ses beaux-parents
Un homme de 41 ans a été condamné vendredi par la cour d’assises du Var à la réclusion criminelle à perpétuité pour l’assassinat de ses beaux-parents, avec lesquels il entretenait des relations exécrables et dont il lorgnait l’héritage.
À l’issue d’une semaine de procès à Draguignan, le jury a suivi les réquisitions de l’avocat général, allant même jusqu’à une période de sûreté de 22 ans, alors que ce dernier avait requis 20 ans.
Patrick et Marie-Laure Lauro géraient le « Domaine des sources », une magnifique propriété à Tourves (Var) avec une salle de réception, une grande terrasse extérieure, des chevaux, une piscine et des chambres d’hôte qui devaient être inaugurées à l’occasion d’un mariage le 3 juillet 2021.
Mais quand le cortège de la noce s’est présenté en début d’après-midi, tout était fermé et un invité, escaladant le portail, a découvert des traces de sang.
Il avait coupé le courant pour infiltrer la maison
Alertés, le fils du couple et les gendarmes ont pénétré dans la maison : Patrick gisait dans une mare de sang dans le hall d’entrée, Marie-Laure dans la salle de bain, touchés chacun de plusieurs balles à la tête ou au thorax.
Après plus de quatre mois d’enquête, les gendarmes ont interpellé Anthony Barotin, gendre du couple : très endetté, en conflit avec ses beaux-parents, il a tenté après leur mort d’accélérer la succession, affirmé à plusieurs interlocuteurs qu’il attendait des rentrées d’argent imminentes et fait des recherches en vue d’une expatriation.
Pendant sa garde à vue, il a fourni des aveux circonstanciées : le 2 juillet au soir, il s’est rendu chez ses beaux-parents à bord d’une voiture qu’il avait empruntée et muni d’une arme qu’il avait achetée quelques semaines plus tôt à un ami.
Il a coupé le compteur électrique, obligeant Patrick Lauro à sortir le réenclencher. Il en a profité pour se faufiler dans la maison, monter à l’étage tuer sa belle-mère qui était sous la douche, puis descendre tirer sur son beau-père qui revenait dans la maison.
Le compteur a bien été coupé à 22h49 et l’arme du crime a été retrouvée dans le lac où Anthony Barotin avait déclaré l’avoir jetée.
« Un menteur, un manipulateur, un profiteur »
En novembre 2023, le gendre est cependant revenu sur ses aveux, en affirmant avoir agi en compagnie de deux hommes masqués, sous la menace d’un ancien policier associé à M. Lauro au sein de plusieurs sociétés d’auto-école. Mais aucun élément de l’enquête ne corrobore cette version.
Pendant tout le procès, devant une salle pleine de proches des victimes, M. Barotin a pourtant campé sur cette version, allant jusqu’à citer à témoigner la juge d’instruction qui n’avait selon lui pas assez enquêté dessus.
Les différents témoignages ont cependant brossé le portrait d’un homme acculé, à la fois par les dettes et par l’hostilité croissante de sa belle-famille, surtout depuis qu’il avait violemment frappé son fils aîné.
« Barotin c’est un menteur, un manipulateur, un profiteur », a dénoncé Loïc Lauro, fils des victimes, fustigeant la froideur apparente de son ex-beau-frère. « Aujourd’hui, son seul regret c’est de s’être fait attraper ».