Sortie ciné. Ducobu et le fantôme de Saint-Potache : que vaut cette nouvelle adaptation signée Elie Semoun ?
Ducobu et le fantôme de Saint-Potache, en salles ce mercredi, est la sixième adaptation de la BD de Zidrou et Godi, la quatrième de la série réalisée par Elie Semoun, qui réécrit une histoire où le cancre est d’abord un élève en souffrance.
Nathalie Chifflet -
Aujourd’hui à 08:15
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Comment ne pas redoubler ? L‘élève Ducobu, sa copine Léonie Gratin, l’instituteur Latouche, le directeur, les parents : avec les mêmes personnages toujours au premier rang, Elie Semoun et ses scénaristes Guy Laurent et Marc de Chauveron sont dans l’obligation de se creuser la tête pour rendre le scénario un peu nouveau (mais pas trop).
Pour ce nouvel épisode bon enfant du divertissement familial - Ducobu et le fantôme de Saint-Potache - pas touche aux gosses : le tricheur Ducobu reste le cancre nul et sympa au polo jaune et noir rayé comme celui des frères Dalton, et Léonie l’immuable première de la classe à couettes. Mais touche à Latouche : l’enseignant au bord de la crise de nerfs se voit jeter un sort dans une maison hantée. Cet épisode quitte les bancs de Saint-Potache, pour faire l’école buissonnière sous des tonnes de poussière, dans une vieille bicoque tordue comme son personnage.
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Place à l’empathie
Quelle autre malédiction, que de retourner son antipathie tête à claques pour en faire (enfin, ouf) un gentil qui cesse de hurler comme un aliéné ? Voilà l’idée gentillette mais sympathique de cette nouvelle aventure cinématographique au temps d’Halloween, de ses fantômes et de ses bonbons dont l’histoire a la douceur sucrée. Il y a des petits enfants dans la salle, et l’horreur c’est pour de rire tant que l’on n’est pas adolescent. Même pas peur des spectres : le mauvais élève d’hier qui revient angoisser le présent écrit dans cette comédie, l’injustice à être intronisé roi des zéros, nul de chez nul pointé du doigt, renvoyé au coin du déclassement dès l’enfance quand on est atypique.
Une touche féministe
En 2024, Ducobu passe au vert n’avait pas atteint le million des épisodes précédents, avec ses péripéties écologiques dans l’air du temps ensevelies sous des pelletées de dialogues lourds et de gags pesans, dans une mise en scène encore une fois plate - Elie Semoun est d’abord un acteur, avant d’être un réalisateur, et cela se voit. Où se niche la prise de conscience avec le fantôme de Saint-Potache ? Le clin d’œil à l’époque est adressé cette fois à la charge mentale des femmes et à l’inégalité dans le couple. Un (léger) vent féministe décoiffe l’intrigue, qui démolit surtout le conservatisme rigide et étriqué de l’instituteur Latouche, ramené à de meilleurs (bons) sentiments et de compréhension. L‘école et la pédagogie par l’humiliation, c’est mal, et ça, c’est toujours bien de le redire.
Ducobu et le fantôme de Saint-Potache d’Elie Semoun, en salles dès ce mercredi 7 octobre. Durée : 1 h 30.