Spectacle son et lumière à Herve : on vous dévoile le "Pays de Arvia", en exclusivité, et en quatre questions (photos et vidéo)
La rue du Collège, à Herve, se prépare depuis plusieurs jours. Le matériel a été installé. Des blocs de béton imposent une allure modérée. Les drapeaux flottent. Et sur la place Marie-Thérèse, soit dans l'ancienne cour de l'école qui, ce 2 octobre, célèbre ses 250 ans, le chapiteau "Bière des Amis" attend les premiers spectateurs. Car ce vendredi soir débute le spectacle son et lumière (vidéo mapping) "Au Pays de Arvia", projeté sur l'église Saint-Jean-Baptise de Herve qui, elle, fête ses 400 ans.
Depuis le début de la semaine, une équipe de Tour des Sites se déplace chaque soir à Herve. Elle calibre le spectacle et fait remonter les informations à une autre équipe, basée à Bruxelles, qui ponctue la scénographie de ce spectacle proposé gratuitement chaque soir à 20 h 30 (avec une double représentation ces 2 et 3 octobre à 21 h 30, et éventuellement les 9 et 10 octobre selon l'affluence). "L'installation des tours prend une demi-journée. Et il faut aussi une demi-journée pour le câblage. Au total, nous avons deux tours avec respectivement deux et trois projecteurs. Ici, à la régie, nous avons encore deux projecteurs, ce qui en fait sept au total. Ce n'est jamais le même nombre, cela dépend du bâtiment, de la surface totale et aussi de la puissance sur laquelle on projette", nous confie Yoann, qui assurait la partie technique pour ADC Production (société partenaire de Tour des Sites) ce mercredi, pendant la nuit.

Ainsi, le réglage des machines prend deux nuits complètes, car il "faut venir tout mapper physiquement" à l'aide des projecteurs d'une "certaine puissance, tout le monde n'a pas ça en Belgique" (sourire). L'équipe est ainsi composée de techniciens, d'une personne au montage, de quatre régisseurs, des comédiens… Mais venons-en aux questions.

Pourquoi un tel spectacle ?
La Ville de Herve planche depuis 2024 sur les festivités de ses 750 ans, comme nous l'indique l'échevin Philippe Dumoulin (HDM), en charge des Manifestations communales. "On voulait marquer l'événement dans le cadre des 750 ans, d'où l'idée du son et lumière. On a lancé un marché et un appel d'offres, remporté par Tour des Sites. Nous avions demandé des réalisations, et Tour des Sites a pu nous proposer un projet sur 10 soirs. Nous voulions une semaine festive et, dans nos discussions, nous sommes tombés assez vite sur la première semaine d'octobre car c'est plus calme (outre la kermesse de Xhendelesse) et il fait noir à 20 h 30. On croise les doigts pour qu'il fasse sec."

Pourquoi ce lieu ?
Tour des Sites a avancé une ébauche d'histoire, des idées qui se sont conjuguées à celles de la Ville. Le tout reposait sur trois axes : l'histoire, le folklore et la tradition. "Il a fallu choisir un site qui tenait compte des 250 ans du collège, des 400 ans de l'église, des 30 ans de l'AOP et des 750 ans de la Ville, d'où la rue du Collège et une projection sur l'église. Ces différents éléments sont intégrés dans le spectacle, ils s'entremêlent (c'est bien ficelé). Nous pourrons accueillir 2 000 personnes chaque soir, et, au vu de l'intérêt, on dédouble déjà les représentations ces 2 et 3 octobre (20 h 30 et 21 h 30). Pour l'anecdote, nous avions déjà eu un son et lumière ici au siècle passé, avec déjà Benoit Meurens." Justement, l'un des deux boss (avec Paul Licot) de Tour de Site est particulièrement ému de travailler pour la ville qui l'a vu grandir. "C'est une forte émotion car, par exemple, toutes les images qu'on projette sont de vraies images de Herve (celles d'Arvia ont été colorisées et animées avec de l'IA, mais elles sont vraies). On a reconstitué toute la rue Jardon, la procession, une ambiance de Noël (moi qui suis fan de Noël, je l'ai vécu à Herve)… On pousse le curseur assez loin pour toucher toutes les générations. Et on évoque aussi les deux Guerres, car Herve a vécu des choses particulières." Elle fut la première ville martyre de la Première Guerre mondiale, et le Cavalier Fonck sera de passage durant le spectacle.

Que va-t-on y voir ?
Le spectacle, justement, parle de l'origine de Herve, du titre de ville, du fromage de Herve, de la Cavalcade, de la procession del Céqwemme, de la foire Saint-Léonard, du collège (dont l'histoire de l'horloge, où, au-dessus des escaliers, les élèves plus bavards attendaient la sentence du directeur), de la Clique, d'Arvia… Le tout en image, en son, en bruitage, et avec de vrais acteurs. "Le résultat de ce mercredi, c'est 60 ou 65 % de ce que les gens verront ce 2 octobre. Il y a un gros travail derrière, sur les images, le son, les figurants… Ce n'est pas le spectacle qui nous aura pris le moins de temps, sourit Benoit Meurens. On a vraiment travaillé sur les paysages, sur les points de vue, sur les photos… C'est 8 à 10 mois de travail pour 60 à 65 personnes." Et ce show de 38 minutes compte aussi 90 secondes où seront affichés les visages de quelque 200 Herviens ! Un moment d'émotion, qui poussera à un second visionnage.

Quels sont les autres événements phares ?
Plusieurs budgets s'additionnent pour faire de ces 10 jours de vraies festivités (budget de la Ville – près de 125 000 € mais avec de grosses rentrées via les sponsors et la pub -, de l'AOP, etc.). "Ce show, c'est un atout culturel, cultuel, touristique et commercial, reprend Philippe Dumoulin. Car les commerçants en profiteront aussi, eux qui seront mis à l'honneur via une balade ce 4 octobre à 9 h 30 et via la nocturne des commerces jeudi. En plus de la fête au CRMT, il y aura une conférence samedi à 18 h 30, les 30 ans de l'AOP du fromage dimanche, l'Apéro H le 9 octobre et deux concerts dans l'église le 4 octobre (NDLR : Les Sonates d'église, 15 heures) et le 11 octobre (NDLR : Vox Luminis, 14 h 30)." Sans oublier la Guind'Herve, le 11 octobre aussi de 15 à 20 heures.
À noter que la Clique de la Royale Garde Saint-Jean sera présente ces 2 et 11 octobre, et que les tireurs de campes clôtureront la dernière représentation.
Toute cette organisation se fait en partenariat avec les associations et comités de Herve. Trois parkings sont prévus : ancien abattoir (rue d'Elvaux), site Chapelier (rue de la Clef) et Balteau (rue des Meuneries).
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