Suspicion de peste en Sibérie : Washington demande des comptes à Moscou après la mort inexpliquée d’une laborantine

Suspicion de peste en Sibérie : Washington demande des comptes à Moscou après la mort inexpliquée d’une laborantine

La mort suspecte d’une jeune laborantine en Sibérie ravive les tensions entre Washington et Moscou. Alors que les États-Unis réclament la transparence totale sur une possible fuite d’agents pathogènes, le Kremlin temporise et Donald Trump annonce un échange direct avec Vladimir Poutine.

Le Kremlin a affirmé mercredi 7 octobre 2026 ne disposer d’aucune précision sur la requête officielle de Washington concernant le décès brutal d’une laborantine d’un institut de recherche sur la peste, près d’Irkoutsk en Sibérie.

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Interrogé sur cette démarche de Washington, le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a botté en touche lors de son point de presse quotidien, selon l'AFP : "Je ne dispose pas de cette information". Le responsable a néanmoins assuré que Moscou transmettait régulièrement des éléments actualisés à l’Organisation mondiale de la santé.

La Maison-Blanche et le département d’État avaient plus tôt exigé la pleine transparence des autorités russes sur les circonstances du décès. Les États-Unis cherchent à déterminer si l’incident est lié à une défaillance dans la manipulation d’agents pathogènes hautement contagieux.

Risque épidémique "faible" pour l’OMS

À Genève, l’Organisation mondiale de la santé a indiqué suivre l’évolution sanitaire de près, appelant à clarifier les informations de presse évoquant de possibles complications respiratoires chez d’autres employés de l’institut de recherche. Son porte-parole, Christian Lindmeier, a néanmoins qualifié le risque épidémique de "faible" au niveau national et de "très faible" pour l’Europe.

De son côté, Dmitri Peskov a invité les observateurs internationaux à se fier uniquement aux déclarations de l’agence sanitaire russe, Rospotrebnadzor, qualifiant de "fausses" la plupart des publications évoquant une propagation incontrôlée de la maladie.

D’où vient l’alerte sanitaire ?

L’inquiétude a éclaté après le décès fulgurant, début octobre à l’hôpital de district de Shelekhov, de Darya Shipilova, une laborantine de 28 ans rattachée à l’Institut de recherche antipesteux de Sibérie. Des médias régionaux indépendants, à l’image de Lioudi Baïkala, ont rapporté des rumeurs d’accident de manipulation et une suspicion initiale de peste pulmonaire foudroyante.

L’agence de protection des consommateurs Rospotrebnadzor a pour sa part attribué la mort de la jeune femme à une "pneumonie d’étiologie non établie", réfutant l’existence d’une épidémie de peste. Si les autorités fédérales minimisent la gravité de l’événement, près de 200 personnes contacts ont toutefois été placées sous surveillance médicale préventive et l’unité d’hospitalisation de Shelekhov a instauré des protocoles stricts de confinement.

Entretien Trump – Poutine

Donald Trump a annoncé qu’il s’entretiendrait prochainement avec son homologue russe Vladimir Poutine pour évoquer directement cette affaire. Interrogé par les journalistes sur les conclusions préliminaires des services de renseignement américains, il a promis de s’exprimer plus en détail sur le dossier.

À Moscou, les agences de presse officielles TASS et RIA Novosti ont confirmé la préparation d’un échange téléphonique entre les deux dirigeants, tout en omettant d’en mentionner l’ordre du jour sanitaire.