Tarn. « Je vais l'enterrer » : quand Cédric Jubillar était confronté à ses déclarations lors de son procès

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Lors de son procès devant la cour d’assises du Tarn, l’automne dernier, Cédric Jubillar avait été confronté à de multiples déclarations faites à son entourage, dans lesquels il disait avoir tué son épouse. Mais il avait clamé son innocence, malgré tout.

Aurélien Poivret -

Aujourd’hui à 18:40

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La question de la localisation du corps de Delphine Aussaguel - dont les ossements présumés ont été retrouvés ce jeudi - a plané au-dessus des débats tout au long du procès en automne dernier devant les assises du Tarn, à Albi. En effet, après le dernier message envoyé par Delphine à son amant à 22 h 55 le 15 décembre 2020, et avant l’appel de Cédric Jubillar à la gendarmerie pour signaler sa disparition à 4 h 09 la même nuit, ce dernier n’avait mis que cinq heures pour faire disparaître son corps après l’avoir tuée - ce dont il se défendait alors. Un laps de temps court pour ne pas laisser de trace, mais suffisant pour quelqu’un qui connaît bien le secteur. « Beaucoup d’opportunités s’offrent à quelqu’un qui connaît les lieux et qui aurait prémédité la dissimulation d’un corps sans vie », avait expliqué à la barre de la section de recherches d’Albi.

Accablé par un faisceau d’indices qui n’a finalement laissé place à aucun doute chez les jurés, Cédric Jubillar s’était épanché auprès de plusieurs personnes de son entourage après les faits, dans des propos qui prennent désormais une tournure particulière. Notamment le témoignage de Jennifer, l’une de ses petites amies venues le voir à plusieurs reprises en prison. « Il m’a dit qu’il l’avait étranglée et en même temps il a fait le geste sur lui en mettant son bras autour de son cou. Après, je lui ai demandé où était Delphine. Je ne sais plus s’il m’a répondu 15 minutes ou 15 kilomètres par rapport à leur maison », avait expliqué la jeune femme à la cour d’assises. « Elle ment complètement », s’était alors défendu le trentenaire.

« Une blague »

Mais Cédric Jubillar avait reconnu avoir dit à un codétenu, Marco, qu’il avait « enterré » le corps de Delphine, mais que c’était « une blague ». Surtout, le jeune homme avait proféré des menaces envers Delphine, auprès de sa mère, quelques jours avant les faits. Dans un témoignage dévastateur, Nadine Jubillar avait rapporté les propos explicites de son fils : « J’en ai marre. Elle m’énerve », lui avait-il dit. « Je vais la tuer, je vais l’enterrer, personne ne la retrouvera. » « Je pense qu’elle a dû mal comprendre la fin de ma phrase », avait commenté l’accusé.

De longue date, l’hypothèse privilégiée est celle d’un meurtre commis au cours d’une dispute, dans le domicile familial de Cagnac-les-Mines, après lequel Cédric Jubillar aurait transporté le corps de Delphine à l’endroit où il l’aurait enterrée - vraisemblablement le même où ont été retrouvés les ossements. Un trajet qu’il aurait fait avec la voiture de son épouse, au cœur de la nuit. Au petit matin, le sens de stationnement devant la maison de la voiture, inhabituel, avait intrigué un voisin. Un élément anodin, qui avait contribué parmi d’autres à faire de Cédric Jubillar le principal suspect de cette affaire.

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