Tchad : le président Idriss Déby reçu par Emmanuel Macron à Paris ce mardi
Le président de la République Emmanuel Macron recevra mardi 13 octobre à l’Élysée son homologue tchadien Mahamat Idriss Déby pour « faire le point sur les engagements pris dans le cadre du partenariat revitalisé » entre les deux pays, a indiqué la présidence française lundi.
Les deux chefs d’État évoqueront également « les principaux enjeux régionaux » auxquels est confronté N'Djamena, dans « un environnement compliqué » à ses frontières, selon l’Élysée, avec notamment la guerre au Soudan à l’Est qui a poussé plus d’un million de réfugiés côté tchadien, mais aussi les djihadistes de Boko Haram dans la région du Lac Tchad ou la présence de groupes armés hostiles au Niger et en Libye.
Un dégel des relations depuis le début de l’année
Les liens entre le Tchad et la France, ancien occupant colonial, s’étaient nettement dégradés en novembre 2024 avec la rupture soudaine par N'Djamena de l’accord de défense liant les deux pays, mettant fin à 60 ans de déploiement de troupes françaises dans le pays.
Le dégel a été acté en janvier lors de la réception du maréchal Déby à l’Élysée, puis réaffirmé durant le sommet Africa Forward organisé en mai à Nairobi, où il s’est à nouveau entretenu avec Emmanuel Macron.
Une présence française moins conséquente
Paris et N'Djamena ont aujourd’hui « la volonté de relancer ce partenariat dans les domaines culturels, économiques et sécuritaires », a assuré l’Élysée, évoquant un « engagement d’égal à égal, dans le respect mutuel ». Fin septembre, un forum d’affaires visant à encourager les investissements français au Tchad s’est tenu à Paris. Plusieurs protocoles d’accord ont alors été signés dans des domaines comme la santé, l’élevage, l’énergie ou encore les infrastructures. L’organisation patronale française – le Medef – a également prévu l’envoi d’une délégation à N'Djamena « ces prochains mois », a-t-on précisé de même source.
Selon un officier supérieur tchadien, une équipe d’agents français a été déployée à N'Djamena pour « travailler avec l’Agence nationale de sécurité de l’État », le principal service de renseignement tchadien. Un avion de renseignement français surveille la frontière et les combattants de Boko Haram dans la zone du lac Tchad, d’après lui. À Paris, on répète que la présence française n’aura pas l’amplitude qu’elle a connue par le passé, quand Paris stationnait au Tchad des avions Mirage 2000 et jusqu’à 1 500 soldats.