TÉMOIGNAGE. 25 ans de la catastrophe d'AZF : "Pas le choix, il fallait se serrer les coudes"... Le président de l'actuel Fenix Toulouse Handball raconte comment la solidarité a pris le dessus

TÉMOIGNAGE. 25 ans de la catastrophe d'AZF : "Pas le choix, il fallait se serrer les coudes"... Le président de l'actuel Fenix Toulouse Handball raconte comment la solidarité a pris le dessus

l'essentiel L’histoire d’AZF dans le sport toulousain est, peut-être avant tout, celle de la solidarité. Alors que l'on commémore ce lundi 21 septembre les vingt-cinq ans de la catastrophe, l'ancien président de l’actuel Fenix Toulouse Handball, Pierre Birac, raconte comment le club s’est réorganisé après les dégâts sur le Palais des Sports.

C’est le propre de chaque catastrophe que d’entraîner des élans d’humanisme et de solidarité, et AZF n’échappe pas à la règle. À l’image du Stade Toulousain, qui a accueilli le TFC pendant un an, les clubs du centre-ville toulousain se sont organisés, alors que le Palais des Sports, inauguré en 1983, avait subi des dommages irrémédiables. Ancien président des Spacer’s Toulouse Handball (aujourd’hui le Fenix Toulouse), Pierre Birac se souvient, le vendredi 21 septembre 2001 à 10 h 17, d’avoir eu cette "impression extrêmement bizarre" que la vitre de son bureau lui venait dessus, ledit bureau étant situé dans le quartier de la Roseraie, ce qui donne une idée de la puissance de la déflagration. À Compans-Caffarelli, l’équipe qui s’entraînait avait vu la pointe de verre, posée sur la structure du Palais, "se soulever et se reposer sur son support", au sommet du bâtiment qui sera finalement totalement détruit avant d’être reconstruit et inauguré en 2006.

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Entre-temps, les clubs dont les bureaux étaient installés au Palais des Sports (Spacer’s Toulouse Handball, Spacer’s Toulouse Volley, et Stade Toulousain Handball féminin) ont dû trouver des solutions en urgence. Le volley s’installe dans un préfabriqué, à deux pas du gymnase Compans-Caffarelli, les handballeurs des Spacer’s trouvent refuge dans le restaurant d’un partenaire. Une bénévole met même à disposition sa véranda pour que les affaires courantes puissent suivre leur cours. "Il n’y avait pas le choix, il fallait se serrer les coudes", résume Pierre Birac. Pour la pratique sportive, les trois entités migreront à quelques mètres, au gymnase Compans-Caffarelli, qui accueille également des clubs de basket, et où ils se débrouillent pour que l’embouteillage ne devienne pas ingérable. "On était en bonne communication, donc on a trouvé un terrain d’entente, et tout s’est plutôt bien passé."

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"On a eu aussi énormément de solidarité de la part des clubs alentour, certains nous ont prêté des salles, d’autres ont accueilli des matchs. Même des clubs loin de Toulouse ont accueilli nos jeunes dans des tournois, pour faire des opérations de solidarité, parce qu’ils savaient qu’on était meurtris, sinon dans la chair, dans l’âme. Ça nous mettait du baume au cœur", poursuit Pierre Birac, président d’un club qui aura tout de même pâti de sa relocalisation. "Le club marchait bien sportivement, on avait gagné la Coupe de France (en 1998) on jouait des matchs de Coupe d’Europe au Palais des Sports avec un public fidèle et nombreux, et c’est sûr qu’AZF a mis un coup d’arrêt à cette dynamique sportive, en termes de nombre de spectateurs, de visuel, de qualité de jeu… Ce n’est pas grave, on a fait comme on a pu. Ce n’est rien par rapport à ce qu’il s’est passé ce jour-là. Des gens sont morts, d’autres sont défigurés… Notre condition sportive n’est que peu de chose à côté de tout ça.