Témoignage. Incendies en Gironde : « Ma fille ne peut pas sortir avec son bébé, l'air est trop mauvais »

Témoignage. Incendies en Gironde : « Ma fille ne peut pas sortir avec son bébé, l'air est trop mauvais »

Bloquée en Isère, Géraldine Sire suit à distance les incendies en Gironde : évacuations, autoroute coupée, air irrespirable à Bordeaux... Elle témoigne.

Agathe Trigueiro -

Aujourd’hui à 12:13 | mis à jour aujourd’hui à 14:11

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Géraldine Sire est bloquée en Isère. Cette habitante de la commune de Castres-Gironde, située au sud de Bordeaux, s'est trouvée dans l'incapacité de rentrer de vacances après que les incendies en Gironde ont entraîné de multiples évacuations de communes au sud de la métropole.

La Girondine avait prévu de rentrer chez elle par voie aérienne depuis l'aéroport de Lyon samedi 25 juin. L'annonce alors erronée du ministre de l'intérieur Laurent Nuñez, selon laquelle l'aéroport de Bordeaux était fermé à cause des incendies, l'a poussée à décaler son vol. Et elle ne regrette pas d'être restée : « Les retards s'accumulaient, puis les tramways et les bus étaient à l'arrêt sur Bordeaux. L'A62, axe par lequel je rentre chez moi, est bondé depuis que les autorités ont fermé l'A63 sur 60 km au départ de Bordeaux. J'aurais dû faire je ne sais quel détour pour rentrer chez moi. Et pour combien de temps ? Je préfère m'épargner un tel périple dans des conditions aussi incertaines. »

Géraldine Sire, habitante de Castres-Gironde, témoigne loin de chez elle. Photo Géraldine Sire

Géraldine Sire, habitante de Castres-Gironde, témoigne loin de chez elle. Photo Géraldine Sire

« C'est très compliqué, il y a trop d'incertitudes et tout bouge très vite »

Depuis qu'elle a appris que la commune de Cestas était évacuée, et que l'on préparait l'éventuelle évacuation de celle de Léognan, la quinquagénaire, également responsable régionale pour une compagnie d'assurance, n'est même plus certaine de vouloir envoyer ses équipes sur leur lieu de travail : « Je leur dirai certainement de rester chez eux si la qualité de l'air ne s'améliore pas. »

Et pour cause : la métropole est plongée sous un brouillard épais et apocalyptique depuis quelques jours. Des cendres jonchent les terrasses d'appartements par endroits, et l'air est d'une piètre qualité. « Ma fille ne peut même pas sortir s'aérer avec son bébé ; l'air est vraiment trop pollué », confie-t-elle.

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« Ça réveille des souvenirs traumatisants »

Émue, elle confie son désarroi face à la situation. « J'ai le cœur serré de voir ma région dans cet état. Ça réveille des souvenirs douloureux, ceux des incendies de la Dune du Pilat, en 2022. Depuis, j'ai la gorge nouée lorsque je passe dans le coin. Après les incendies, les traces restent. C'est difficile à encaisser. »

Elle affirme pour autant ne pas être à plaindre : « Je reste coincée dans un écrin de verdure, entre le Vercors et la Chartreuse. L’air est pur, il fait doux. Je suis heureuse de ne pas vivre cela de plein fouet . »

Affaire à suivre pour cette exilée temporaire, qui devrait retrouver la route de son domicile d'ici mardi, si la situation n'empire pas.