TEMOIGNAGES. Voitures désossées : "On se demande si ce n'est pas nous le voleur", des victimes racontent leur calvaire après le démontage de leur véhicule

TEMOIGNAGES. Voitures désossées : "On se demande si ce n'est pas nous le voleur", des victimes racontent leur calvaire après le démontage de leur véhicule

l'essentiel Des propriétaires, comme Emma et Michel, ont vu leurs véhicules dépouillés dans des parkings sécurisés, entraînant des frais importants et des démarches complexes avec les assurances. Ils témoignent pour "La Dépêche du Midi".

La semaine dernière, La Dépêche du Midi rapportait l'histoire de Benoît*, dont la Clio Esprit Alpine a été dépouillée de ses quatre roues dans une résidence sécurisée de Toulouse. L'auteur des faits, non identifié à ce stade malgré la vidéosurveillance, a pu entrer dans le parking grâce au badge d'entrée qu'il possédait.

Plusieurs automobilistes victimes de vols similaires nous ont livré leur témoignage. Ils ont découvert leur voiture sur des crics ou des parpaings, spoliés de leurs roues, phares, airbags ou système multimédia et racontent les difficultés rencontrées par la suite.

À lire aussi : Voitures désossées : que faire après un vol de pièces auto et comment être indemnisé par son assurance sans perdre de temps ?

Un oubli de l'assureur qui coûte cher

À Tournefeuille, Emma s'est fait voler les quatre roues de son véhicule, stationné dans un parking souterrain de sa résidence. Après les constatations de la police, elle passe une bonne demi-journée à formuler sa plainte. "Parfois, on se demande si ce n'est pas nous le voleur à leurs yeux", raconte-t-elle. L’assurance a pris en charge les réparations, mais la voiture est restée immobilisée pendant un mois. Emma a dû prolonger sa location et se contenter d’une Fiat 500, faute de pouvoir financer un modèle équivalent. "Le garage en a profité pour augmenter le prix des pneus pour avoir un max d'argent et n'a même pas réussi à me remettre les bonnes jantes en alu."

Quarante kilomètres plus loin, à Villemur-sur-Tarn, c'est le Citroën Nemo de Michel qui a fait les petits pains des voleurs. L'électricien garde, lui aussi, un souvenir amer de "l'après". "On a perdu 6 000 euros de matériel de chantier parce que l'assureur avait oublié de cocher la case matériel de la voiture parce qu'on n'en avait pas besoin selon lui", fulmine-t-il encore, cinq ans après les faits.

À lire aussi : Il vole une voiture alors qu’un enfant de six ans est attaché à l’arrière : le suspect nie l’évidence malgré les nombreuses preuves, il est condamné à seize mois de prison

Huit mois pour réparer un CarPlay

Les roues ne sont pas les seules pièces convoitées par les voleurs. Près de Grenoble, Nicole a vu deux fois le système CarPlay de sa Clio 4 disparaître à un an d'intervalle. La seconde fois, la réparation s’est éternisée : "Le même garage a mis huit mois pour la réparer ne trouvant pas le CarPlay de remplacement." Elle en a eu pour 800 euros de franchise.

À lire aussi : Automobile : pourquoi la Clio 5 est-elle tant convoitée par les voleurs ?

En plein cœur de Toulouse, Pierre a connu une mésaventure comparable, mais sur son scooter : "Ils ont commencé par la roue avant, puis le socle de la valise/case, ouvert les tuyaux", énumère-t-il. Cerise sur le gâteau : il doit débourser 1 100 euros de sa poche étant donné que le vol a été commis sur la voie publique.

La liste noire des Clio

Selon une étude du club automobile Roole, parue en février, la Renault Clio reste la voiture la plus volée en 2025, avec 347 vols recensés. Emma venait d'acquérir la sienne, en février 2026, lorsqu'elle a été vandalisée dans le quartier des Minimes, à Toulouse. "J'étais sortie la veille pour mon anniversaire. Le lendemain, j'ai vu que l'intérieur du véhicule avait été retourné." Puis elle comprend l'ampleur des dégâts : "Je n'avais plus de banquette arrière. Il restait que le métal", nous raconte-t-elle. Les voleurs ont également arraché tout l’électronique situé à l’arrière, ainsi que les airbags et leurs déclencheurs. Le montant des réparations atteint 17 000 euros avec 300 euros de franchise. "En regardant sur Leboncoin, on a vu qu'il y avait plein de kits qu'on pouvait acheter donc difficile de retrouver le mien. La police nous a dit que pour mon cas, ça ressemblait à une commande précise."

À lire aussi : Elles croyaient acheter une voiture à 2000 euros… Appâtées sur Leboncoin, les victimes étaient dépouillées par un braqueur

Dans le quartier toulousain de La Roseraie, celle de Karine a été dépouillée de son sigle et de sa caméra de recul arrière. Les faits ont eu lieu en début de semaine, devant son domicile. "Les voleurs n'ont pas coupé les câbles aux ciseaux, ils ont déclipsé la caméra proprement en laissant la fiche intacte", précise-t-elle. Elle a rendez-vous avec le concessionnaire Renault pour estimer le coût des réparations. "Avant, j'avais une Audi A5 qui avait été rayée trois fois devant chez moi. Je m'étais dit qu'une belle voiture pouvait attirer la jalousie mais là, avec une simple Clio, je ne m'y attendais pas."