"J'étais un peu frustré de ma deuxième partie de saison" : Flament affiche ses ambitions
Forcément frustré par la défaite à La Rochelle, alors que son équipe menait largement à la mi-temps, le Toulousain Thibaud Flament a déjà basculé sur le choc de la 2e journée de Top 14 contre l'Union Bordeaux-Bègles dimanche soir. Il revient aussi sur ses objectifs personnels, au moment d'entamer une saison qui s'annonce très particulière pour lui.
Vous faites partie des internationaux qui ne sont pas partis disputer le championnat des nations avec le XV de France en juillet. Comment avez-vous vécu votre été ?
Cela m'a fait du bien de couper. On a pu avoir six semaines, c'est toujours bénéfique. J'ai pu penser à autre chose pour revenir frais et d'attaque quand on a commencé à bosser sur la préparation avant la reprise. Du coup, je me sens bien.
Vous avez connu beaucoup d'émotions sportives la saison dernière, avec toutes les échéances en club ou au niveau international, mais aussi dans votre vie personnelle (il a accompagné sa femme, atteinte d'endométriose, dans son parcours PMA, NDLR). Cela a-t-il aussi renforcé votre besoin de vous régénérer ?
C'est exactement ça. J'avais ce besoin de couper, de mettre tout cela derrière moi. J'étais un peu frustré de ma deuxième partie de saison, donc j'avais envie d'avoir cette coupure, puis de bien me remettre au travail pour attaquer de la bonne façon cette saison.
Même si cela s'était terminé par un quatrième titre d'affilée en Top 14...
Oui, c'est vrai mais on sait quand même que les reprises sont toujours un peu... (il coupe) Ce n'est pas compliqué, mais disons qu'il faut se remettre au travail. Parfois, on a tendance à penser que ça va le faire tout seul. Mais c'est important de vraiment se remobiliser, de ne pas trop rester sur les acquis de la saison précédente qui, finalement, n'en sont plus.
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Comment vous sentez-vous physiquement ?
Mes six semaines de coupure m'ont permis de me soigner puisque je m'étais en fait déchiré le mollet sur la finale de Top 14. J'étais aussi au club pour bosser sur la préparation. Disons que je me suis régénéré tout en gardant toujours un pied ici (sourire). Pour l'instant, je me sens plutôt bien physiquement. Maintenant, il faut que je retrouve de bonnes sensations sur le terrain.
Quand on regarde le résultat à La Rochelle, on peut se dire que c'est une bonne opération de prendre un bonus défensif mais on suppose que le scénario, avec quatorze points d'avance à la pause, laisse beaucoup de frustration...
Tout à fait. Quelqu'un qui n'a pas vu le match pourrait se dire que ce n'est pas une mauvaise opération. Mais, quand on le voit, ce n'est pas du tout le cas. Encore une fois, les Rochelais ont bien joué, bravo à eux. Mais il faut qu'on bascule, qu'on mette les bons ingrédients pour être dans les meilleures dispositions quand il s'agit de gagner.
Avez-vous réussi, entre vous, à poser des mots sur cette deuxième mi-temps décevante ?
Il y a eu une forme de relâchement, que j'ai un peu de mal à expliquer. On est tombé dans un faux rythme, on n'arrivait plus trop à mettre la main sur le ballon, ni à mettre notre jeu en place et on a donné des opportunités aux Rochelais qui ont su bien les saisir. Petit à petit, ce match nous a échappé et on a fini par le perdre sans avoir eu vraiment de réaction. Maintenant, c'est derrière nous et il faut qu'on se concentre sur la suite, qu'on se remette bien au travail pour enchaîner.
On a l'impression que votre groupe a besoin de rester acteur des choses sur le terrain, de les provoquer, et qu'il a plus de difficulté quand il est dans la gestion. Partagez-vous ce constat ?
Oui. C'est le cas dans beaucoup de clubs, mais on a un groupe qui a faim. On doit se nourrir de jeu, d'actions, de ballons... On doit être présent en attaque mais aussi en défense. Et malheureusement, on n'a eu ni l'un ni l'autre sur la deuxième mi-temps. On a été plus spectateurs qu'acteurs.
Avec la réception de l'Union Bordeaux-Bègles dès dimanche soir, il n'y a pas vraiment le temps de réfléchir...
Oui, d'autant que les Bordelais ont fait une très bonne performance le week-end dernier et ont aussi le temps de bien se préparer. Cela va être un gros match sur plein d'aspects du jeu. Donc, à nous d'être prêts.
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Est-ce que cela vous plaît d'avoir droit à une telle affiche dès la deuxième journée à domicile ?
Bien sûr, ça me plaît. On est directement dans le bain. De toute façon, c'est toujours un peu comme ça avec ce championnat. Mais après le match loupé du week-end dernier, ce sera un bon test pour voir ce qu'on peut proposer.
Et vous savez combien les dynamiques de début de saison sont décisives pour la suite...
On se rend compte rapidement que beaucoup de choses se jouent. Des tendances, des dynamiques... J'espère qu'on va pouvoir faire pencher la balance du bon côté.
Au niveau personnel, entre la possibilité d'un quintuplé en club ou la Coupe du monde dans un peu plus d'un an, avez-vous le sentiment de démarrer une saison particulière ?
Elle est singulière au vu de ce qu'on vit en club, du contexte dans lequel on est, avec l'historique des titres qu'on a connus les dernières années, les départs de certains en fin de saison, la Coupe du monde aussi, etc. Oui, il y a plein de choses. Il y en a d'autres aussi au niveau personnel qui arrivent (il va devenir papa, NDLR). Cela va être une belle et grosse année, comme on dit (sourire). J'ai envie d'aller à fond dans ce que je peux apporter.
Vous avez de plus en plus évolué à droite de la deuxième ligne ces dernières années. Avec la grave blessure de Clément Vergé, vous pourriez être amené à y dépanner encore davantage cette saison. Comment l'appréhendez-vous ?
Cela fait quelques temps maintenant que je me considère comme un 4 ou un 5. C'est quelque chose que j'ai intégré dans ma façon de jouer. Donc, je suis prêt à le faire parce que je me sens bien dans ces deux postes.