"On a un groupe qui a faim" : pour Toulouse la gestion, c'est pas pour maintenant !

"On a un groupe qui a faim" : pour Toulouse la gestion, c'est pas pour maintenant !

Coupables de n'avoir pas été suffisamment acteurs sur le terrain de La Rochelle en deuxième mi-temps, les Toulousains ont emmagasiné une grosse frustration avant d'aborder le choc de la 2e journée du Top 14.

C'est tout le paradoxe du sport. Et pas seulement du rugby... Entre l'impression que donne un résultat et le vrai sentiment qu'il vous laisse, il y a parfois un monde. Et c'est d'ailleurs ce qui fait la beauté de celui dans lequel baignent les joueurs et observateurs au quotidien. Sur le papier, chacun comprendra que ramener un point de bonus défensif de La Rochelle est plutôt une bonne nouvelle. Mais, quand vous menez de quatorze points à la mi-temps, voilà qui laisse plutôt une immense frustration. Pour ne pas parler carrément de gâchis, lequel peut souvent s'avérer préjudiciable pour la suite. "Quelqu'un qui n'a pas vu le match pourrait se dire que ce n'est pas une mauvaise opération, confirme Thibaud Flament au moment d'évoquer la défaite à Marcel-Deflandre. Mais, quand on le voit, ce n'est pas du tout le cas. Les Rochelais ont bien joué, bravo à eux. Mais il faut qu'on bascule, qu'on mette les bons ingrédients pour être dans les meilleures dispositions quand il s'agit de gagner." En clair, pour tuer réellement un match quand le scénario ne demande que ça...

Flament : "Ce sera un bon test"

Aussi expérimentés soient-ils, les Toulousains ne sont jamais aussi dangereux que lorsqu'ils restent acteurs de leur rugby, qu'ils provoquent les choses. Quand ils tombent dans une forme de gestion, il leur arrive de devenir trop ordinaires et inoffensifs. Surtout, il est bien trop tôt dans la saison pour que ce soit le cas. "On a un groupe qui a faim, poursuit Flament. On doit se nourrir de jeu, d'actions, de ballons... On doit être présent en attaque mais aussi en défense. Et malheureusement, on n'a eu ni l'un ni l'autre sur la deuxième mi-temps. On a été plus spectateurs qu'acteurs. Il y a eu une forme de relâchement, que j'ai un peu de mal à expliquer. On est tombé dans un faux rythme, on n'arrivait plus trop à mettre la main sur le ballon, ni à mettre notre jeu en place et on a donné des opportunités aux Rochelais qui ont su bien les saisir. Petit à petit, ce match nous a échappé et on a fini par le perdre sans avoir eu vraiment de réaction. Maintenant, c'est derrière nous et il faut qu'on se concentre sur la suite, qu'on se remette bien au travail pour enchaîner."

Voilà qui permet en tout cas de favoriser une remise en question d'entrée, une spécialité de la maison, d'autant que le calendrier ne permet aucun répit aux quadruples champions de France en titre, avec la réception de l'Union Bordeaux-Bègles pour le choc de la 2e journée. "Les Bordelais ont fait une très bonne performance le week-end dernier et ont aussi le temps de bien se préparer, analyse Flament. Cela va être un gros match sur plein d'aspects du jeu. Donc, à nous d'être prêts mais ça me plaît. On est directement dans le bain. De toute façon, c'est toujours un peu comme ça avec ce championnat. Mais après le match loupé de dimanche dernier, ce sera un bon test pour voir ce qu'on peut proposer." Et comment les Stadistes sont capables de rebondir, eux qui raffolent tant des défis. Les Girondins se déplaçant dans la ville rose avec la grande majorité de leurs joueurs cadres, contrairement à la saison passée, ils en auront un grand à relever pour ce premier rendez-vous à domicile. Flament prévient : "On se rend compte rapidement que beaucoup de choses se jouent. Des tendances, des dynamiques... J'espère qu'on va pouvoir faire pencher la balance du bon côté." Donc, celui de la première période à La Rochelle.