Une pépite néo-zélandaise, la jeunesse au pouvoir... Qui pour remplacer Atonio au Stade rochelais ?

Une pépite néo-zélandaise, la jeunesse au pouvoir... Qui pour remplacer Atonio au Stade rochelais ?

Après la retraite prématurée de Uini Atonio, et le départ de son remplaçant attitré Joël Sclavi pour Leicester, le Stade rochelais a perdu gros à droite de la mêlée. Alors pour redonner le lustre (et la puissance) d'antan à cet axe si important du jeu maritime, les dirigeants rochelais ont décidé de miser sur la jeunesse, et sur une pépite venue de l'autre bout du monde.

Comment oublier ? Comment oublier ce mercredi 28 janvier 2026, quand le monde du rugby avait appris avec stupeur et inquiétude l'accident cardiaque d'une des coqueluches préférées du rugby rochelais et tricolore. Le colosse Uini Atonio, le nounours adoré de Marcel-Deflandre, était admis en soins intensifs et devait mettre un terme à sa carrière, à 35 ans. Depuis, et fort heureusement, "Winnie l'ourson" a repris du poil de la bête. Certes, Atonio ne foulera plus les pelouses de Top 14 crampons au pied, mais il ne sera jamais loin, puisque le natif de Timaru a rejoint le staff de Ronan O'Gara et s'occupera évidemment de la mêlée rochelaise.

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Avec cette retraite prématurée de l'international tricolore, le Stade rochelais a perdu une de ses pièces maîtresses, et probablement un des meilleurs piliers droits au monde. Ajoutez à cela le départ pour Leicester de l'Argentin Joël Sclavi, doublure attitrée d'Atonio et vous avez devant vous le chantier auquel doivent faire face les dirigeants maritimes. À quelques semaines de la reprise du championnat, nous avons fait un petit état des lieux des forces rochelaises à ce poste si particulier, qui était autrefois une des armes principales des Maritimes.

  • La recrue : Sione Ahio

À part si vous êtes un lève-tôt, son nom ne vous dit probablement rien. Et pourtant, Sione Ahio pourrait bien être la belle surprise du recrutement rochelais. À 25 ans, le bonhomme aux mensurations bien différentes de son prédécesseur (1,85 m ; 121 kg) a terminé la saison de Super Rugby en boulet de canon. Après deux années de galère pour faire son trou, le Néo-Zélandais a obtenu ses premières titularisations avec les Chiefs cette saison, et a surtout porté le n°3 lors de toute la phase finale, reléguant l'habituel titulaire du poste George Dyer sur le banc. Sione Ahio est doté d'une vitesse assez impressionnante pour un joueur de première ligne, et est loin d'être maladroit ballon en main. D'ailleurs, pour la petite anecdote, sur son tout premier ballon touché en Super Rugby, en avril 2024, le pilier droit avait conclu une action d'envergure pour inscrire son premier essai en carrière.

La principale interrogation sur ce joueur reste sa capacité à enchaîner les matchs à haute intensité, dans un Top 14 au rythme toujours plus infernal. Cette saison, Sione Ahio aura disputé seulement huit rencontres, dont cinq dans la peau d'un titulaire (259 minutes). On est bien loin des 35 matchs d'Aleksandre Kuntelia...

  • L' "expérimenté" : Aleksandre Kuntelia

À seulement 24 ans, Aleksandre Kuntelia s'impose de plus en plus comme une sérieuse option à droite de la mêlée rochelaise. Le Géorgien n'a évidemment pas l'expérience d'Atonio, mais depuis trois saisons, il empile les feuilles de matchs avec le club à La Caravelle comme avec son équipe nationale. Et quand on connaît le vivier intarissable de talents géorgiens aux postes de piliers, voir Kuntelia porter le maillot des Lelos est un indice de plus concernant le potentiel du garçon. Lors du dernier exercice, le Géorgien a pris part à 35 rencontres ! Rien que ça... Avec un profil similaire à celui d'Atonio (1,97 m ; 135 kg), Aleksandre Kuntelia aura sans aucun doute une belle carte à jouer la saison prochaine. Joueur le plus expérimenté parmi les "droiters", et à la plus longue ancienneté (avec le groupe pro depuis 2022), il devra toutefois se méfier de la jeunesse qui monte et ne cesse de prendre du gallon.

  • Le joueur qui monte : Karl Sorin

Après un prêt bénéfique à Soyaux-Angoulême, en Pro D2, lors de la saison 2024-2025, Karl Sorin est revenu à La Rochelle le couteau entre les dents. Fort de son expérience engrangée dans l'antichambre du Top 14, le Français de 23 ans a pu s'offrir quelques feuilles de match en Top 14 cette saison (dix matchs, cinq titularisations) et a profité des matchs de Challenge Cup pour continuer son apprentissage. Croisement entre Sione Ahio et Aleksandre Kuntelia au niveau du gabarit (1,86 m ; 135 kg), Karl Sorin a encore une belle marge de progression devant lui, notamment sur l'aspect défensif. L'an passé, il n'était qu'à 83 % de réussite au plaquage (55/66) d'après AIA Rugby, contre 93 % pour son coéquipier géorgien (164/177). 

  • La pépite à polir : Upaleto Feao

Upaleto Feao est un "futur joueur de classe mondiale". Ce ne sont pas nos mots, mais bel et bien ceux du manager rochelais Ronan O'Gara. Au moins, le cadre est posé. À seulement 21 ans, le Tongien d'origine est le plus gros espoir rochelais pour succéder à Uini Atonio. Doté d'une technique individuelle "exceptionnelle" ballon en main, dixit l'Irlandais, Upaleto Feao avait impressionné les observateurs en fin de saison dernière, avec six titularisations en autant de rencontres, et face à des cadors du championnat (Pau, Bordeaux-Bègles, Racing 92).

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En quelques semaines seulement, le gamin de 21 ans s'était approprié le numéro 3 du Stade rochelais, propriété pendant plus d'une décennie de son mentor Uini Atonio. Il avait même grillé la politesse à ses coéquipiers concurrents cités un peu plus haut. Reste qu'à 21 ans, la pépite rochelaise est encore très jeune, et qu'il faudra lui laisser le temps de se développer rugbystiquement et mentalement. Connu pour ses prises de parole sans détour, Ronan O'Gara s'était montré cash envers son jeune joueur il y a quelques mois, en conférence de presse. "Maintenant, la question, c’est : est-ce qu’il a l’envie ou la volonté d’être l’un des meilleurs du monde, ou d’être content de jouer en Pro D2 ? Tu peux te taper sur la tête comme tu veux, la meilleure motivation est à l’intérieur de chaque joueur. Un entraîneur peut essayer d’inspirer un joueur mais pas le motiver. Est-ce qu’il est OK pour jouer à Angoulême ou intéressé par le fait de jouer pour l’équipe de France ? Réponse dans les six prochains mois."