"Tout ce que nous faisons, c'est pour lui"... À La Réunion, un nouveau défi solidaire pour soutenir Loïc Liber, seul rescapé des attentats de Mohammed Merah à Montauban

"Tout ce que nous faisons, c'est pour lui"... À La Réunion, un nouveau défi solidaire pour soutenir Loïc Liber, seul rescapé des attentats de Mohammed Merah à Montauban

l'essentiel Seul militaire à avoir survécu à l’attentat de Montauban, Loïc Liber mène un combat quotidien depuis les Invalides, soutenu par l’association Canal de Vie. En octobre, celle-ci poursuivra son engagement avec un projet mêlant sport et handicap.

Quinze ans après avoir survécu à l’attentat qui l’a grièvement blessé à Montauban (Tarn-et-Garonne), Loïc Liber continue de se battre. Pour soutenir celui qui reste lourdement marqué par ses blessures, l’association Canal de Vie, qui l’accompagne depuis 2012, va relever un défi hors norme. Du 15 au 18 octobre, 52 personnes s’envoleront pour La Réunion afin de participer à la Diagonale des Fous avec une joëlette baptisée "Gwadalette", en hommage aux origines guadeloupéennes de l'ancien militaire.

Près de 180 km et 6 000 mètres de dénivelé positif attendent les coureurs. Mais la particularité de cette équipe tient surtout à sa composition : trois personnes en situation de handicap (Hervé Maurel, Xavier Le Draoullec et Benjamin Azzalbert) seront elles-mêmes parmi les porteurs aux côtés de 22 valides. L'équipement, acquis par l'association, a été repeint aux couleurs de la Guadeloupe, avec notamment des colibris et des tortues. "Tout ce que nous faisons, c'est pour Loïc", résume Éric Bermont, le président.

Le projet bénéficie du soutien de Son Altesse Royale la Princesse de Hanovre, qui accompagne Canal de Vie depuis plusieurs années. Il comportera également une dimension mémorielle. L’association rendra hommage à trois militaires réunionnais morts au combat en Afghanistan : l’adjudant-chef Emmanuel Techer, le caporal Antony Rivière et l’infirmier de classe supérieure Mathieu Toinette. La mémoire de Victoire Jasmin, ancienne sénatrice guadeloupéenne qui avait soutenu Loïc Liber dans son combat pour obtenir la Légion d’honneur, sera également honorée.

"Sa santé est très fragile"

Car c’est bien lui qui reste au cœur de la mobilisation. Eric Bermont était récemment à ses côtés aux Invalides. "Il s’accroche mais sa santé reste très fragile", explique-t-il. Les tirs par balles dont il a été victime continuent d’avoir des conséquences, avec des inflammations et surtout des infections pulmonaires graves. Lorsqu’elles surviennent, Loïc est pris en charge à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Éloigné de ses proches, qui vivent en Guadeloupe, il reçoit régulièrement la visite de sa famille, qui fait plusieurs fois par an le déplacement.

Si Canal de Vie est toujours engagée pour Loïc aujourd’hui, c’est parce que l’association a été créée dans les semaines qui ont suivi l'attentat. Militaire à Castelsarrasin à l'époque, et passionné de courses d’endurance, Eric Bermont avait voulu utiliser le sport pour soutenir son frère d’armes. Il avait alors participé aux huit jours de Monaco, avec l’objectif de parcourir symboliquement les 606 km séparant Montauban, où son ami avait été blessé, des Invalides. Ce qui devait être un projet ponctuel s’est finalement transformé en une mobilisation qui dure.

La Légion d'honneur toujours espérée

Depuis quinze ans, Canal de Vie organise notamment les anniversaires et les Noëls de Loïc. Mais son président constate aujourd’hui un essoufflement de la solidarité : les visites et les soutiens se font plus rares. "On parle de lui une seule fois par an, le 15 mars, ce n'est pas assez", insiste Eric Bermont.

L’association poursuit parallèlement son combat pour qu'il reçoive la Légion d’honneur. Les trois soldats tués lors des attentats ont été décorés à titre posthume. Loïc, lui, a reçu seulement la médaille militaire. Pour Canal de Vie, il mérite la plus haute distinction française "de son vivant".

En octobre, cette mobilisation née en 2012 va donc se poursuivre à La Réunion, lors de la Diagonale des Fous. "Seul, on va plus vite. Ensemble, on va plus loin", résume Eric Bermont.