Transport. « J’ai économisé 100 euros » : ces automobilistes qui boudent les autoroutes

Transport. « J’ai économisé 100 euros » : ces automobilistes qui boudent les autoroutes

« Le carburant étant devenu trop cher, la solution pour partir en vacances a été de limiter les tronçons d’autoroutes payantes », témoigne Jean-Yves, 37 ans, de Marignane (Bouches-du-Rhône). Même réflexe pour Pierre, 38 ans, d’Annecy (Haute-Savoie) : « Cet été, nous avons fait le choix de ne profiter que des voies rapides gratuites car je refuse de participer à ce que je considère comme un véritable braquage de la part des sociétés autoroutières. Notre trajet pour le Sud-Ouest s’est allongé d’environ deux heures, mais il nous a permis d‘économiser à l’aller comme au retour, tout en profitant du paysage. »

Ils sont loin d’être les seuls à délaisser les autoroutes. Les trois principaux concessionnaires autoroutiers en France ont annoncé une baisse du trafic des voitures sur leurs réseaux au premier semestre : -3,7 % chez Vinci à fin juillet, -3,4 % pour Eiffage à fin juin et -3 % pour Abertis à fin juin. Une baisse inédite depuis la crise du Covid.

Des augmentations qui passent mal

« Depuis le début de la crise au Moyen-Orient et l’augmentation des prix de l’essence, le trafic routier dans son ensemble a baissé car les gens roulent moins. Ils partent moins loin en vacances et certains évitent les autoroutes pour ne pas payer les péages, mais aussi pour ne pas devoir faire le plein sur l’autoroute », explique Grégory Caret, directeur de l’Observatoire de la consommation de l’association Que Choisir Ensemble. « Des arbitrages budgétaires qui sont encore plus fréquents chez les ménages modestes », poursuit-il.

D’autant que début 2026, les exploitants des autoroutes ont appliqué une hausse des péages de 0,86 % en moyenne. Une augmentation qui exaspère Grégoire, 66 ans, de Niederbronn-les-Bains (Bas-Rhin) : « Je prends moins l’autoroute, uniquement pour des raisons financières. Les prix des péages sont bien trop élevés et les sociétés d’autoroutes font des profits énormes », estime-t-il. « La privatisation des autoroutes a été pour moi le scandale de trop : on a vendu des concessions à des prix très bas et les mêmes concessionnaires n’ont cessé d’augmenter de manière vertigineuse les prix », renchérit Claude, 67 ans, de Revel (Haute-Garonne).

Des économies qui valent le détour

Plusieurs de nos lecteurs estiment aussi que les tarifs des péages sont trop chers pour le service rendu : « Le gain est parfois de 10 à 20 minutes sur un trajet de 150 km. Est-ce raisonnable de payer un péage à 5 ou 8 euros pour un gain de temps aussi faible ? », interroge ainsi François, 61 ans, originaire du Doubs.

Au final, même s’ils roulent plus longtemps en empruntant le réseau secondaire, beaucoup estiment que l’opération est rentable. « Le prix des péages que l’on économise rembourse les frais de carburant, sans compter la consommation qui diminue très sensiblement en prenant les routes départementales et nationales », explique Christophe, 58 ans, de Natzwiller (Bas-Rhin).

Et les consommateurs ne prennent pas leur décision sur un coup de tête : « Avant chaque départ, ils vérifient sur les applications combien de temps va durer tel ou tel trajet, quel sera son coût en carburant et combien coûtera l’option péage », souligne Grégory Caret. Exemple avec Sandrine, 54 ans, de Kingersheim (Haut-Rhin) : « En évitant les péages pour aller en Savoie, j’ai économisé 80 euros aller-retour et j’ai roulé 1 h 30 de plus. » Pierre-Alain, 41 ans, qui habite dans le Doubs, a lui aussi sorti sa calculette : « Cet été pour une heure de plus de trajet, j’ai gagné 100 euros ». Pour ces automobilistes, mieux vaut parfois perdre du temps que de perdre de l’argent.