Transports. Biais de genre, conduite accompagnée... Les pistes de l'exécutif pour réduire les délais du permis
« Dans de nombreux territoires, en particulier ruraux, le permis n’est pas un confort : c’est une condition d’accès à l’emploi, aux études, à la formation, aux soins et à l’autonomie. Quand son coût, ses délais ou sa complexité deviennent des obstacles, c’est aussi l’égalité des chances qui recule », indique à votre journal Marie-Pierre Vedrenne, la ministre chargée de la Citoyenneté, déléguée auprès du Ministre de l’Intérieur. Or, actuellement, le délai médian en France pour repasser son permis B est de 76 jours. « Les départements les plus impactés sont la Seine-et-Marne, les Yvelines, le Val-d’Oise, les Hauts-de-Seine, l’Eure, l’Ille-et-Vilaine, la Mayenne, le Doubs, le Territoire de Belfort, la Saône-et-Loire, l’Ain, le Rhône, l’Isère, le Gard, le Lot-et-Garonne », indique l’entourage de la ministre.
Pour réduire ces délais du premier examen de France (avec 1,6 million d’épreuves pratiques pour la catégorie B en 2024), la ministre a commandé un rapport à l’Inspection générale de l’administration qui a rendu ses 27 recommandations en juin dernier. La ministre a retenu cinq priorités. Mais « il est hors de question d’affaiblir le niveau du permis de conduire pour réduire des délais », précise-t-elle.
Elle souhaite notamment poursuivre le renforcement des effectifs d’inspecteurs. En 2025, 108 inspecteurs ont été recrutés et 83 000 places d’examens supplémentaires pour le permis B ont été créées de septembre à décembre de la même année. En 2026, 80 postes ont été ouverts aux concours auxquels ont été ajoutés une vingtaine de postes supplémentaires. Deuxième objectif : dynamiser l’apprentissage anticipé de la conduite dès 15 ans, car elle est en perte de vitesse depuis l’ouverture du permis à 17 ans. Une campagne de communication sera lancée d’ici à la fin de l’année à cet effet.
Redescendre à un délai médian de 65 jours
Autre enjeu : instaurer un délai de 15 jours entre deux présentations à l’examen pour éviter que les candidats ne retentent leur chance sans avoir progressé. Pour responsabiliser davantage les auto-écoles afin qu’elles ne présentent leurs élèves à l’examen que quand ils sont réellement prêts, le gouvernement souhaite aussi que leur taux de réussite au permis soit pris en compte pour l’attribution des places à l’examen. Pas question cependant de rendre l’examen payant à compter du troisième passage, ce qui pénaliserait trop les candidats malheureux.
Enfin, Marie-Pierre Vedrenne voudrait lutter contre les biais de genre qui conduisent certains inspecteurs à être plus sévères avec les femmes lors de l’examen. « L’idée est de les sensibiliser par le biais d’une formation », explique l’entourage de la ministre. Un ensemble de mesures qui permettront peut-être de ramener le délai médian de représentation à l’examen en cas d’échec de 76 à 65 jours, comme l’ambitionne Marie-Pierre Vedrenne.