« Très souvent, les jeunes finissent par être embauchés » : avec la sécurité du CDI et flexibilité de l’intérim, le CDII peut servir de tremplin vers l’emploi
Un contrat de travail « deux en un ». Alliant la flexibilité de l’intérim avec la sécurité du contrat à durée indéterminée (CDI). Lancé il y a plus de dix ans à l’initiative de la fédération des entreprises du travail temporaire, pour se défaire d’une image de pourvoyeuse d’emplois précaires, le CDI intérimaire (CDII) demeure relativement marginal malgré ses atouts. Avec 48 000 personnes concernées fin juin 2026, soit moins de 7 % des travailleurs intérimaires. « Nous nous réjouissons de continuer de proposer cette forme de contrat, défend Isabelle Eynaud-Chevalier, déléguée générale de la fédération. Elle constitue un vrai tremplin dans la vie active, tout particulièrement pour les jeunes. »
Les chiffres lui donnent raison. D’après le ministère du Travail, six mois après avoir quitté un CDII, huit personnes sur dix obtiennent un emploi salarié. « Ce contrat permet de monter en compétence tout en découvrant différentes entreprises et cultures de travail, vante Roland Gomez, le président fondateur du groupe d’intérim Proman. Très souvent, les jeunes finissent par être embauchés par un employeur qui les a vus à l’œuvre durant une mission. »
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Une sélection rigoureuse
Il offre également une sécurité appréciable. Entre deux missions, son bénéficiaire reste salarié de l’agence et profite des avantages attachés au CDI. « Cette stabilité est souvent déterminante pour trouver un logement en location ou obtenir un crédit pour acheter un bien immobilier », souligne Isabelle Eynaud-Chevalier. Mieux, les entreprises de travail temporaire ciblent leurs offres de formation sur ces salariés permanents qui peuvent ainsi élargir la palette de leurs compétences, tout particulièrement dans les métiers en tension.
Revers de la médaille, ce véritable tremplin n’est pas ouvert à tous les jeunes, car il reste très sélectif. Les groupes d’intérim comme Adecco ou Manpower choisissent rigoureusement les candidats au CDI intérimaire en s’assurant de leur employabilité. Et pour cause : une fois le contrat signé, l’agence doit continuer à rémunérer son salarié, même si elle ne parvient pas à lui trouver une mission. Une sélection drastique qui explique les limites de la formule. « Le CDII apparaît comme un levier favorable pour sécuriser les parcours professionnels, juge une étude du ministère du Travail, mais bénéficiant surtout à des intérimaires déjà proches de l’emploi. »