Trump reçoit le président Xi à la Maison-Blanche

Trump reçoit le président Xi à la Maison-Blanche

Fanfares militaires, survol de la Maison-Blanche par un bombardier, tapis rouge : le président américain, Donald Trump, a accueilli avec faste son homologue chinois, Xi Jinping, jeudi matin à l’occasion d’un sommet historique entre les deux pays, opposés sur plusieurs dossiers.

Donald Trump a réservé tous les honneurs au dirigeant communiste, au moment où il accuse les démocrates de vouloir faire basculer le pays vers le communisme, à l'approche des élections de mi-mandat.

Au cours de son allocution, il a mis de l'avant la relation personnelle qu'il dit avoir nouée avec son homologue chinois, qui a de son côté plaidé pour un dialogue continu et une coexistence pacifique entre les deux pays.

Le président Xi et moi avons noué une amitié, une amitié véritablement formidable, fondée sur le respect mutuel et les intérêts vitaux de nos peuples, a assuré le président américain.

M. Trump, qui avait l'an dernier lancé une offensive tarifaire musclée contre Pékin, a par ailleurs vanté les progrès considérables réalisés dans la quête pour établir une relation commerciale plus équilibrée.

Son invité, dont c'est la première visite à la Maison-Blanche en plus d'une décennie, a notamment appelé à renforcer la coopération entre les deux pays pour éviter le piège de Thucydide, selon la traduction de ses propos.

Xi Jinping avait déjà évoqué cette théorie géopolitique lors de la visite officielle de Donald Trump en Chine, en mai dernier. Ce concept désigne le risque de guerre lorsqu'une puissance dominante craint l'essor d'une puissance émergente.

Nous n’avons pas besoin d’éviter de parler de concurrence, mais celle-ci doit être saine et rester dans certaines limites, a argué le président chinois.

Il devrait s’agir d’une course où chacun cherche à rattraper l’autre, et non d’un affrontement où l’un gagne et l’autre perd.

Il a affirmé que son pays gardait sa porte grande ouverte aux entreprises américaines et a dit espérer voir les États-Unis traiter les entreprises chinoises de façon équitable.

Son hôte a dit vouloir aborder les questions urgentes au cours de leurs discussions, évoquant la sécurité, la technologie et la super-intelligence, SI – l'expression qu'il utilise désormais pour désigner l'intelligence artificielle (IA).

Donald Trump avait déjà martelé, plus tôt sur sa plateforme Truth Social, vouloir que les choses restent exactement comme elles le sont en matière d'IA, alors que les avertissements sur les risques posés par cette technologie et les appels pour un meilleur contrôle se multiplient.

Il a soutenu que Pékin partageait cette position.

À ses côtés, le président Xi a de son côté averti qu'il fallait veiller à ce que le développement de l’IA demeure toujours sous le contrôle des humains et serve le bien-être de la population.

Les journalistes présents n'ont pas pu poser de questions.

Trump vante la presse chinoise

La rencontre bilatérale ultérieure entre Donald Trump et Xi Jinping dans le bureau ovale devait se dérouler à huis clos, sans la présence des médias.

Selon l'Associated Press, la Maison-Blanche a cependant décidé à la dernière minute d'autoriser les photographes de presse à y entrer. Elle a cependant refusé l'accès aux journalistes.

Pour reprendre ses activités, le groupe de réseaux télévisés assurant la captation des images lors des événements officiels auxquels participe le président attendait de son côté que la Maison-Blanche rétablisse l'accès des trois médias exclus vendredi dernier, comme le lui a ordonné la Cour la nuit dernière.

Toujours selon l'agence de presse, Donald Trump a déclaré, alors que les photographes de presse étaient présents, que le président Xi avait le pool de presse le plus bienveillant au monde. Les journalistes chinois lui demandent la permission de prendre la parole, a-t-il plaisanté.

Dans son palmarès de la liberté de presse publié cette année, Reporters sans frontières classe la Chine au 178e rang des 180 pays évalués. Les États-Unis ont par ailleurs glissé du 57e au 64e rang depuis l'an dernier.

Les journalistes de CNN, MS NOW et Politico ont par ailleurs de nouveau été admis à la Maison-Blanche à la mi-journée.

Comme la Maison-Blanche n'a pas obtempéré à l'ordonnance du tribunal dès le début de la journée, les trois organes de presse n'ont pas eu accès à la Maison-Blanche pendant cette première portion de la visite officielle, contrairement aux médias d'État chinois.

Des attentes modestes

Après environ 90 minutes de discussions, les deux dirigeants se sont rendus sur la pelouse sud de la Maison-Blanche, où Donald Trump a montré à Xi Jinping le nouvel héliport de la résidence présidentielle et lui a fait visiter Marine One, l’hélicoptère présidentiel.

Ils ont également semblé observer de loin le chantier de la future salle de bal.

À l'issue de la rencontre bilatérale et de cette visite guidée, Donald Trump a été avare de commentaires quant au déroulement des discussions.

Nous avons eu une excellente rencontre et il s’intéresse beaucoup au granit. Il aime le granit. C’est un expert de la pierre et de plusieurs autres choses. Et il adore le granit de qualité. Merci beaucoup, a-t-il dit à la presse avant de rentrer à l'intérieur de la Maison-Blanche.

Les experts ne s'attendent pas davantage à des avancées significatives au cours de ce sommet, qui survient sur fond de tensions commerciales qui persistent, notamment autour de l'exportation de terres rares par la Chine, et de différends géostratégiques.

La Chine a résisté aux pressions et aux menaces économiques de l’administration Trump, qui l’exhorte à utiliser son influence auprès de son allié iranien pour que celui-ci accepte les conditions américaines pour mettre fin à la guerre, en cours depuis sept mois.

Pékin souhaite en outre que Washington, premier soutien international de Taïwan, mette fin de façon permanente aux ventes d’armes à Taïwan, qu'il voit comme une province devant revenir sous son contrôle. Il aimerait aussi que les États-Unis assouplissent les restrictions à l’exportation de puces électroniques de pointe, essentielles à l'IA.

Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a annoncé mercredi que Washington et Pékin avaient convenu de prolonger jusqu'au 10 janvier leur trêve tarifaire. L'échéance de l'entente avait été fixée au 10 novembre, le temps de parvenir à un accord permanent.

Au plus fort de la guerre tarifaire de l'an dernier, les droits de douane imposés à Pékin par l'administration Trump avaient atteint 145 %; la Chine avait répliqué avec des tarifs douaniers de 125 % sur les exportations américaines.

Des élus des deux partis, notamment le président du Comité des forces armées du Sénat, Roger Wicker – un républicain –, ont accueilli cette visite froidement.

Si la Maison-Blanche m’avait demandé conseil, j’aurais recommandé au président de ne pas inviter Xi Jinping à Washington pour lui réserver un accueil aussi fastueux aux États-Unis, compte tenu de tous les problèmes préoccupants que nous avons avec le président Xi et le Parti communiste chinois, a lancé M. Wicker dans un discours prononcé dans l'hémicycle du Sénat mardi soir.

Pendant chaque minute de dialogue, notre commandant en chef devrait garder à l’esprit que son invité est un dictateur brutal, non élu et répressif, qui cherche à dominer ses voisins et dont l’immense arsenal militaire est directement dirigé contre les États-Unis.

Une visite d'État fastueuse

Les présidents Trump et Xi, ainsi que leurs épouses, ont par ailleurs participé à une cérémonie d’accueil avec fanfares militaires dans la roseraie de la Maison-Blanche, qui a été survolée par un bombardier B-2 et des jets F-22 Raptors.

En soirée, ils participeront à un souper de gala où seront présents les grands noms de l'industrie de la technologie.

Deux hommes sur un tapis rouge avec au fond un avion d'Air China.

Le président Donald Trump et le président chinois Xi Jinping participent à une cérémonie d'accueil à la base interarmées Andrews, dans le Maryland, le mercredi 23 septembre 2026.

Photo : Associated Press / Alex Brandon

La veille, le président américain a accueilli personnellement son homologue chinois sur le tarmac de la base aérienne Andrews à sa descente d'avion, une première pour la visite d'un dirigeant mondial depuis 1962. Le président américain ne rencontre habituellement ses invités qu’à leur arrivée à la Maison-Blanche.

L'an dernier, Donald Trump avait cependant lui-même accueilli le président russe, Vladimir Poutine, sur le tarmac à Anchorage, à l'occasion de leur sommet en Alaska.

Avec les informations de Associated Press