La C.-B. poursuit OpenAI en justice en Californie

La C.-B. poursuit OpenAI en justice en Californie

La procureure générale de la Colombie-Britannique, Niki Sharma, a annoncé que la province avait déposé une poursuite judiciaire contre OpenAI en Californie dans le cadre de la tuerie de Tumbler Ridge.

En juillet dernier, la province avait déjà mentionné ses intentions de poursuivre le géant américain devant la justice.

La province reproche au géant de l'intelligence artificielle de ne pas avoir averti la Gendarmerie royale du Canada (GRC) des activités en ligne de l'auteure de la fusillade de Tumbler Ridge, pourtant signalées en interne.

Niki Sharma a détaillé les accusations, expliquant que la Colombie-Britannique poursuit OpenAI pour ne pas avoir signalé aux forces de l'ordre les menaces proférées sur sa plateforme, ChatGPT, avant la fusillade de masse, et pour avoir conçu un produit dangereux.

Quelques mois avant le massacre qui a coûté la vie à neuf personnes, dont six jeunes, la tireuse avait utilisé son compte ChatGPT, le robot conversationnel d’OpenAI. Ce compte avait été bloqué par l'entreprise parce que l’auteure de la tuerie avait formulé des requêtes violentes.

Les processus judiciaires ne pourront jamais effacer les pertes immenses des gens de Tumbler Ridge. Cependant, réclamer des comptes à OpenAI, obtenir les réponses indispensables et exiger des protections plus solides constituent des mesures importantes pour prévenir de futures tragédies.

Concernant les dédommagements demandés, Niki Sharma a indiqué que la province cherche à se faire rembourser les coûts liés à la reconstruction de l’École secondaire de Tumbler Ridge. L’établissement, où s’est déroulée la tuerie, a en effet été démoli cet été.

L'École secondaire de Tumbler Ridge, photographiée le 11 février dernier. Le bâtiment a été démoli depuis.

L'École secondaire de Tumbler Ridge, photographiée le 11 février dernier. Le bâtiment a été démoli depuis. (Photo d'archives)

Photo : (Ben Nelms/CBC)

Depuis la tuerie survenue le 10 février dernier, plusieurs dizaines de survivants et des proches des victimes ont déposé des poursuites contre OpenAI devant un tribunal de Californie, où se trouve le siège de l’entreprise.

Aucune de ces allégations n'a été prouvée en cour.

La Colombie-Britannique avait fait part de son soutien aux familles dans leur désir de justice, tout en précisant qu'elle explorait des voies légales pour poursuivre OpenAI de façon indépendante.

Des pistes pour modifier le Code criminel

La poursuite qui vient d’être déposée soulève de nombreuses questions concernant les responsabilités des technologies d’intelligence artificielle et des plateformes sur Internet, a affirmé Niki Sharma. Notre gouvernement n’a cessé de se battre pour des mesures qui protègent les gens des menaces en ligne, tout particulièrement contre des enfants et des jeunes.

La procureure générale dit avoir écrit au ministre fédéral de la Justice, Sean Fraser, au ministre de l’Intelligence artificielle et de l’Innovation numérique, Evan Solomon, et au ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes, Marc Miller, pour leur demander de modifier le Code criminel du Canada.

Niki Sharma assure leur avoir proposé des mesures concrètes pour garantir que les humains puissent être tenus pour responsables des actes commis par l'IA.

Jusqu’ici, OpenAI n’a pas pris de mesures significatives pour répondre aux préoccupations soulevées par les survivants de la tuerie, les familles et la communauté de Tumbler Ridge, ajoute la procureure générale.

OpenAI réagit

Contactée par Radio-Canada, OpenAI a répondu par courriel à une demande de commentaire. Ce qui est arrivé à Tumbler Ridge est une tragédie indescriptible, et nos pensées vont aux victimes, à leurs familles et à la communauté. OpenAI reste déterminée à collaborer avec les autorités gouvernementales et les forces de l’ordre, et à poursuivre ses efforts en matière de sécurité, écrit un porte-parole.

En mars dernier, Sam Altman, le président d’OpenAI, s’était engagé à ce que tout incident lié au Canada soit signalé à la GRC.

Le PDG d'OpenAI, Sam Altman.

Sam Altman, le PDG d’OpenAI. (Photo d'archives)

Photo : (Patrick Semansky/The Associated Press)

À la fin du mois d’avril, il avait présenté ses excuses à la communauté de Tumbler Ridge.

Le 18 septembre, OpenAI avait demandé à un juge américain de rejeter 37 poursuites intentées contre la société, arguant qu’elles devaient être jugées en Colombie-Britannique, et pas en Californie.

Avec des informations de William Burr