Un acte malveillant à l’origine du déraillement du TER en Normandie ? Ce que l’on sait
France 12/09/2026 10:01 Actualisé le 12/09/2026 15:07
Un train qui transportait 186 passagers entre Rouen et Caen a déraillé ce vendredi soir vers 19h45. Selon une source policière, la piste de l’acte malveillant est privilégiée.

LUIS BRANCO / AFP
Un acte malveillant à l’origine du déraillement d’un TER en Normandie vendredi 11 septembre 2026. CREDIT « AFP PHOTO / COURTESY OF LUIS BRANCO »
EN BREF
• Un TER entre Rouen et Caen a déraillé, blessant 44 personnes, dont une gravement.
• La piste d’un acte malveillant est privilégiée, un morceau de rail aurait été déposé sur la voie.
• Une enquête a été ouverte par la police et la SNCF. Le trafic ferroviaire est fortement perturbé, avec des retards importants.
L’IA au HuffPost.
44 personnes ont été blessées après le déraillement vendredi soir d’un TER entre Rouen et Caen. Une enquête a été ouverte par la police et la SNCF pour déterminer les causes de cet accident. Le HuffPost fait le point.
Que s’est-il passé ?
Le déraillement a eu lieu entre Tourville et Elbeuf-Saint-Aubin, au niveau de la commune de Cléon (Seine-Maritime) vers 19h45. La préfecture précise à BFMTV que deux rames du train ont déraillé, tandis qu’une source policière indique au Parisien que le train roulait à 140 km/h quand il a percuté un objet métallique qui se trouvait sur les voies.
« D’un seul coup sont venues quelques secousses, puis au bout de trois secondes, c’est devenu de plus en plus fort », a témoigné auprès d’ICI Normandie l’un des passagers, Louis, âgé de 24 ans. « Je ne tenais plus sur mon siège Les vitres ont partiellement explosé, les cailloux de la voie sont rentrés dans le wagon », a-t-il dit. « C’était vraiment choquant, j’en tremble encore ».
« On a tous été surpris, on ne s’attendait pas à ça, le train qui se met à trembler... Les valises qui se mettent à voler », confie à BFMTV Vincent, un passager du train et témoin de l’accident.
Une enquête ouverte par la police et la SNCF
Selon une source policière, la piste de l’acte malveillant privilégiée. Les premiers éléments de l’enquête indiquent qu’un morceau de rail aurait été déposé sur la voie. Le parquet de Rouen a ouvert une enquête en recherche des causes de blessures graves, confiée à la police judiciaire de Rouen.
La SNCF a également ouvert une enquête de son côté pour apporter « tout son concours en toute transparence ». Des « dépistages » d’alcool et de stupéfiants sur le conducteur du train se sont révélés « tous négatifs », a annoncé le procureur de Rouen ce vendredi soir.
D’importants moyens de secours mobilisés
130 pompiers, cinq équipes médicales et 80 véhicules ont été dépêchés autour de l’accident. Un photographe de l’AFP a vu sur place de nombreuses ambulances. Il a également aperçu un autocar escorté par la police, quittant les lieux de l’accident avec à son bord des passagers munis de couvertures de survie.
Dès l’annonce de l’accident, Jean-Benoît Albertini, le préfet de Seine-Maritime a déclenché le plan Orsec nombreuses victimes (NOVI) et s’est rendu sur place. L’opération de secours « est en train de passer maintenant dans sa deuxième phase avec l’évacuation des personnes qui ne requièrent pas de soins immédiats », a-t-il fait savoir.
Une passagère de 18 ans a été « évacuée en urgence absolue » par hélicoptère vers le CHU de Rouen et 43 autres personnes ont été prises en charge « en urgence relative », a annoncé le procureur de Rouen, Sébastien Gallois. « Les personnes indemnes ont été conduites dans une salle mise à disposition par la maire de Cléon », selon la préfecture.
Ce samedi, à la mi-journée, les jours de la principale victime ne sont plus en danger. Le ministre des transports, Philippe Tabarot, a communiqué un bilan détaillé sur X : « Parmi les blessés légers, 26 ont été pris en charge hier dans quatre établissements de santé à Rouen. 21 ont pu regagner leur domicile dans la nuit et cinq sont toujours pris en charge. »
« Fortes perturbations » du trafic
L’accident a provoqué de « fortes perturbations » pour le trafic ferroviaire entre Rouen et Caen et entre Caen et Le Havre, dans les deux sens, selon la SNCF. « Un service de bus de substitution va être mis en place. Les agents SNCF sont sur place afin de déterminer les circonstances de l’incident », a indiqué SNCF Voyageurs.
En gare Saint-Lazare à Paris, quatre trains en provenance du Havre et de Rouen étaient annoncés avec 2h40 à 3h de retard.
La compagnie ferroviaire nationale a exprimé « toute sa solidarité envers les voyageurs blessés et leurs proches, ainsi qu’envers l’ensemble du personnel SNCF mobilisé sur place et engagé pour porter assistance aux passagers dans cette épreuve ».