"Un déficit commercial d'un milliard d'euros par jour": Friedrich Merz promet que l'UE va se défendre contre les "subventions déloyales" et "les prix agressifs" de la Chine
"Un déficit commercial d'un milliard d'euros par jour": Friedrich Merz promet que l'UE va se défendre contre les "subventions déloyales" et "les prix agressifs" de la Chine
Publié aujourd'hui à 14h06
Lire dans l'appLe chancelier allemand a rappelé que le déficit commercial de l'UE avec la Chine représentait plus de 300 milliards d'euros. Il prévient que Pékin "doit s'attendre à une réponse".
Le chancelier allemand Friedrich Merz a réaffirmé ce mercredi que l'Union européenne se défendrait contre ce qu'il a qualifié de pratiques commerciales chinoises "déloyales" susceptibles de menacer l'industrie allemande.
"Quiconque perturbe le fonctionnement des marchés par des subventions déloyales, des surcapacités, des prix agressifs ou des monnaies artificiellement sous-évaluées doit s'attendre à une réponse", a-t-il déclaré lors d'une conférence baptisée "Berlin Global Dialogue", organisée dans la capitale allemande.
"Pas un seul État membre de l'Union européenne n'a encore un excédent commercial avec la Chine. Nous avons tous des déficits", a déclaré le dirigeant de la première économie européenne. "Ce déficit dépasse largement 300 milliards d'euros par an. Cela représente près d'un milliard chaque jour", a-t-il ajouté.
"Prêts à défendre nos intérêts"
L'Allemagne - qui abrite des géants industriels mondiaux dans les secteurs de l'automobile, de la chimie et de l'électronique - s'est longtemps enorgueillie d'un excédent commercial massif avec le reste du monde, notamment grâce à des ventes en plein essor vers la Chine.
La situation s'est toutefois inversée ces dernières années, les entreprises chinoises étant devenues de plus en plus compétitives et les exportateurs allemands ayant également été touchés par la hausse des coûts de production et les droits de douane américains. Selon Merz, cette situation est due certes à la compétitivité chinoise, mais aussi à des "surcapacités", à des "subventions élevées dans le secteur automobile et d'autres secteurs", ainsi qu'à une "monnaie artificiellement sous-évaluée".
"L'Allemagne, la France et l'ensemble de l'Union européenne sont désormais arrivées au point où elles sont prêtes à défendre leurs intérêts, et c'est ce que nous faisons", a déclaré le chancelier, assurant que l'UE ne recherche "pas un conflit commercial".

La tribune éco : Chine, l'Europe serre-t-elle la vis trop tard ? - 14/10
3:28
Friedrich Merz, qui doit se rendre la semaine prochaine à Singapour, au Japon et en Corée du Sud, a salué les discussions menées au début du mois entre le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, et le ministre chinois du Commerce, Wang Wentao, qui ont débouché sur un accord visant à limiter les exportations de véhicules hybrides et hybrides rechargeables chinois vers l'Europe.
L'UE va plafonner à 350.000 le nombre de ces voitures entrant sur le marché européen chaque année. De nombreux industriels et responsables européens dénoncent depuis des années l'arrivée dans l'UE de produits chinois meilleur marché, qui fragilisent des secteurs économiques entiers, avec des suppressions d'emplois massives à la clé.
Sujets liés :