Namibie : un homme sauve 5'500 otaries des déchets plastiques
Chaque jour, des centaines d'otaries sont menacés en Namibie par des filets de pêche abandonnés et des déchets plastiques. Depuis quinze ans, un homme s’est donné pour mission de les secourir.
A Pelican Point près de Walvis Bay, en Namibie, près de 80'000 otaries à fourrure ont élu domicile. Il s'agit de l'une des plus grandes colonies de la planète. Mais derrière cette carte postale se cache une autre réalité: chaque année, des centaines de ces animaux s’étranglent dans des filets de pêche abandonnés, des cordages ou des déchets plastiques.
Un homme s'est donné pour mission de les sauver. "Il y a 15 ans, j'ai vu une otarie prise dans un grand filet de pêche. Alors je l'ai attrapée et traînée jusqu’à la plage. J’ai découpé le filet pour la libérer et j’ai réalisé que nous avions sauvé la vie de cet animal. Depuis lors, sauver la vie de ses animaux est devenu une obsession", explique dimanche dans le 19h30 Naudé Dreyer, fondateur de l'ONG Ocean Conservation Namibia.
>> Le reportage du 19h30 :
Plus de 5500 otaries sauvées
Pour ce Namibien, installé sur cette côte depuis l’enfance, chaque journée commence par une longue épreuve de patience. Quatre heures à scruter la colonie pour repérer les animaux entravés. "J’ai des ciseaux vraiment solides pour couper des câbles métalliques, des lignes de pêches, n'importe quoi. Et j’ai mon grand filet. On peut attraper des phoques jusqu'à 220 kilos", détaille Naudé Dreyer.
L'organisation de Naudé Dreyer a déjà sauvé plus de 5500 otaries. Mais les rebuts de la pêche industrielle, abandonnés en mer, peuvent dériver pendant des décennies et continuer à tuer.
"Les phoques ont la chance de pouvoir rapporter les déchets sur la plage et nous pouvons les aider. Les dauphins, les baleines, les tortues et les oiseaux marins, eux, ne peuvent pas ramener ces déchets sur le rivage", regrette Naudé Dreyer.
Sensibilisation via les réseaux sociaux
Pour marquer les esprits, il filme et publie sur les réseaux sociaux chacune de ses missions de sauvetage. Plus de quatre millions de personnes à travers le monde suivent son ONG. "Nous espérons qu'avec la sensibilisation que nous engendrons, les gens seront plus attentifs à leurs déchets, notamment lorsqu'ils jettent des débris à la mer", pointe-t-il.
Et de conclure: "Tout filet abandonné doit être sévèrement sanctionné afin de les inciter à conserver l'intégralité de leur prise. En effet, le seul facteur susceptible de modifier leur comportement est l'impact sur leurs revenus.
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Pierre Morel/asch