"J'étais dans mon potager quand ils ont surgi de nulle part" : un retraité séquestré, torturé et roué de coups près de Toulouse, les voleurs s'emparent de son coffre-fort
l'essentiel Cinq ans après une agression d'une violence inouïe commise au domicile d'un septuagénaire à Tournefeuille, près de Toulouse, la justice a rendu son verdict ce mercredi 22 juillet 2026. Frappé à coups de barre de fer, ligoté et menacé au couteau pour un coffre-fort, cet ancien rugbyman de 71 ans a fait face à ses bourreaux devant le tribunal correctionnel. Retour sur une affaire marquée par la barbarie des faits, le déni des prévenus et la dignité exemplaire de la victime.
"J'étais chez moi, vers 8 heures du matin dans le potager quand ils ont surgi de nulle part. J'ai été frappé à coups de barre de fer". Les mots de Stéphane (*) sont posés avec dignité. Celle de monsieur tout le monde dont la vie a basculé dans l'horreur. Ce père de famille de 71 ans a été torturé à Tournefeuille, près de Toulouse. Quatre suspects ont été jugés ce mercredi 22 juillet 2026 par le tribunal correctionnel.
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Un premier repérage qui avorte
Les faits démarrent le 23 avril 2021. Ce jour-là, une femme sonne chez Stéphane. L'homme va à son portail, son interlocutrice, qui semble originaire de l'Europe de l'Est, dit être perdue et l'interroge pour retrouver son chemin. La discussion s'éternise. Le Tournefeuillais finit par trouver ça louche. En jetant un œil vers sa maison, il aperçoit des silhouettes qui tentent de s'y introduire. La tentative de cambriolage échoue, et les suspects prennent la fuite aux côtés de leur complice.
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De la ruse à l'ultraviolence
Le 22 mai 2021, la méthode est beaucoup plus violente. "Vous étiez seul ce matin-là lorsque vous êtes sorti dans votre potager", rappelle la présidente de l'audience. "Je venais voir un chiot", précise la victime. À peine sorti à l'arrière de son jardin, Stéphane est agressé par trois individus gantés et équipés de masques chirurgicaux. "L'un vous a mis au sol, l'autre vous tenait et le troisième frappait", ajoute la magistrate.
Des coups, il y en a eu beaucoup. Aux côtes, au dos et sur le crâne. "Ils ont frappé avec les pieds, les poings et surtout à coups de barre de fer", poursuit la juge. Stéphane, ancien rugbyman, s'est défendu comme un lion mais a fini par craquer. Il a simulé un malaise pour que l'acharnement s'arrête. Les agresseurs l'ont traîné sans ménagement jusqu'à l'intérieur de la maison pour le ligoter avec du ruban adhésif et une corde.
Le déni face aux preuves scientifiques
Le déluge de violence a soudainement repris. "Vous ne compreniez pas tout mais les voleurs semblaient rechercher un coffre. Pendant qu'une personne fouillait, les deux autres vous menaçaient", indique la présidente de l'audience. La victime acquiesce, l'un des prévenus sourit en regardant dans le public, comme s'il ne mesurait pas la gravité de son acte.
Au cours de la séquestration, l'un des trois hommes lui met un couteau sur la gorge pour qu'il donne le code de son coffre. "Je n'étais pas présent. Ce n'est pas moi", soutient l'un des prévenus par la voix de son interprète en langue roumaine. Face au tribunal, les trois hommes nient en bloc toute implication, bien que l'un d'eux ait déjà été condamné au Royaume-Uni pour des faits analogues. Le père, âgé de 57 ans, est le seul à reconnaître sa présence sur le lieu du délit tout en indiquant n'être à l'origine d'aucune violence.
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Pourtant, les investigations de la police nationale font apparaître l'ADN d'un de ses fils. Après les faits, les agresseurs ont quitté Tournefeuille avec le contenu du coffre, essentiellement des bijoux. "Vous connaissiez les lieux avant d'agir ?", interroge une des trois juges en s'adressant aux prévenus. Les réponses sont négatives. Pourtant, la quatrième personne qui comparaît libre, la femme d'un des trois prévenus, a apporté une autre version de l'histoire. Selon elle, un des braqueurs était déjà venu sur place pour réaliser des travaux. C'est à cette occasion qu'il a découvert la présence d'un coffre-fort dans la maison.
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Jusqu'à cinq ans de prison ferme
À l'issue de l'audience, les clients de Mes Pierre Lebonjour, Clément Rouger et Delphine Reynaud-Eymard ont été condamnés à des peines de cinq à trois ans de prison ferme. La femme défendue par Me Jocelyn Momasso-Momasso, poursuivie uniquement pour la tentative de vol initiale, a été condamnée à six mois d'emprisonnement avec sursis. Les demandes de la victime, représentée par Me Thomas Neckeboeck, seront examinées lors d'une audience en intérêts civils.