Un seul jour de carence dans le public contre trois dans le privé, est-ce une inégalité face aux arrêts maladie? En réalité, près de la moitié des entreprises privées indemnisent leurs salariés
Un seul jour de carence dans le public contre trois dans le privé, est-ce une inégalité face aux arrêts maladie? En réalité, près de la moitié des entreprises privées indemnisent leurs salariés
Publié aujourd'hui à 19h17
Lire dans l'appLorsqu'ils sont en arrêt maladie, les agents publics ne sont indemnisés par la Sécu qu'à partir du 2e jour, c'est à partir du 4e jour pour les salariés du privé. Pour autant, 45% des entreprises privées de plus de 10 salariés indemnisent tout ou une partie des trois jours de carence, selon une étude de la Dares.
Qui des agents publics ou des salariés du privé sont les mieux lotis ? Lorsqu'on s'intéresse aux arrêts maladie, une différence de traitement revient souvent. Dans le secteur public, les malades n'ont qu'un jour de carence, autrement dit une journée de salaire n'est pas indemnisée par la Sécu lorsqu'ils sont en arrêt. Du côté du privé, ce n'est pas un mais trois jours de carence.
Est-ce que cela veut dire que les salariés du privé perdent trois jours de salaire lorsqu'ils sont malades ? Pas vraiment, puisqu'une partie des entreprises (un peu moins de la moitié) décident de rembourser le manque à gagner. À l’inverse, c'est impossible pour les agents publics (sauf exception comme les affections longue durée ou les accidents de travail).
Ainsi, dans le privé en 2024, 45% des entreprises de plus de 10 salariés, qui représentent deux tiers (66%) du total des salariés, indemnisent tout ou une partie des jours d'absence non pris en charge par la Sécu, selon une étude de la Dares. Le plus souvent, elles compensent l'intégralité des trois jours. Il faut toutefois préciser que si 22% des entreprises ont décidé de rembourser ces jours pour tous leurs salariés, 23% ne le font que pour une partie d'entre eux.
Les métallurgistes et banquiers bien protégés, contrairement aux serveurs et vendeurs
Dans le détail, la prise en charge est plus fréquente dans les grandes entreprises (81% des sociétés de plus de 500 salariés, soit deux fois plus que les petites entreprises de 10 à 49 salariés). En réalité, il s'agit rarement d'un choix individuel de la part des entreprises. Les deux tiers déclarent que cette pratique est encadrée par un accord de branche ou une convention collective, dans 9% des cas par un accord d'entreprise.
Les secteurs qui indemnisent le plus sont la métallurgie et sidérurgie (85%), les bureaux d'études et services aux entreprises (74%), l'automobile (73%), les banques (71%) et la chimie et pharmacie (70%). À l’inverse, ceux qui prennent le moins en charge ces jours de carence sont l'hôtellerie-restauration (13%), le commerce alimentaire (16%), le nettoyage-manutention (20%) et l'agroalimentaire (21%).
Dans la plupart des cas, ces remboursements ont donc été négociés avec les syndicats. Il apparaît dès lors logique que l'indemnisation soit plus fréquente dans les entreprises avec une présence syndicale (71%) que dans celle sans instance (34%).
Sujets liés :