Une bande criminelle envoyait des enfants commettre des vols à Disneyland Paris: un butin moyen de 25.000 euros par jour
Alors que les visiteurs avaient les yeux rivés sur Mickey Mouse et la parade du soir, des groupes d’enfants se mêlaient à la foule de Disneyland Paris pour voler des portefeuilles et d’autres objets de valeur. Derrière ces jeunes pickpockets se cache l’impitoyable clan Hamidovic, une famille rom d’origine bosniaque. Selon la justice française, ils contraignaient les enfants à voler et engrangeaient ainsi en moyenne 25.000 euros par jour.
M.G
29 septembre 2026, 13:25
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Sept membres de la famille Hamidovic ont été condamnés la semaine dernière par le tribunal correctionnel de Paris à des peines de prison allant de cinq à huit ans. Roberto Hamidovic, 48 ans, considéré comme le chef du réseau, a écopé de la peine la plus lourde: huit ans de prison et une amende d’un demi-million d’euros. Son épouse Lejla a été condamnée à six ans de prison et à une amende de 300.000 euros. Deux de leurs fils, un cousin et d’autres proches ont également été condamnés à des peines de prison et à une interdiction à vie de séjourner en France.
L’enquête sur cette famille a débuté fin 2022. Selon les enquêteurs, des enfants, principalement leurs propres enfants, et des jeunes femmes étaient emmenés par groupes de six à neuf vers des lieux touristiques très fréquentés. Disneyland Paris était l’un de leurs principaux terrains d’action. C’est surtout pendant la parade du soir, lorsque des milliers de visiteurs admiraient les personnages de Disney, que les jeunes pickpockets auraient frappé.
Par ailleurs, le gang opérait à l’aéroport Charles de Gaulle, à la gare de Marne-la-Vallée et dans le métro parisien, ciblant principalement les touristes étrangers.
Selon le journal français Le Monde, certaines filles avaient à peine 10 ans. Elles se trouvaient tout en bas de l’échelle d’un système hiérarchique rigide, dans lequel les hommes décidaient qui devait aller voler où. Roberto Hamidovic junior, un fils de la famille âgé de 22 ans, aurait par exemple organisé les taxis qui conduisaient les groupes vers leurs différents lieux de travail.
Un butin colossal
Les gains étaient colossaux. D’après le dossier consulté par l’agence de presse AFP, les enfants et les jeunes femmes rapportaient en moyenne environ 25.000 euros par jour aux hommes de la famille. Ceux-ci menaient, selon les enquêteurs, un train de vie d’un luxe frappant, avec des voitures et des bijoux de luxe, ainsi que de nombreuses sorties dans les casinos, les hôtels de luxe et les restaurants. Sur les réseaux sociaux, des membres de la famille posaient avec des liasses de billets.
Derrière cette façade se cachait un système particulièrement violent. Les enfants et les jeunes femmes qui ne se conformaient pas à ce qu’on attendait d’eux risquaient des coups, des brûlures ou des violences sexuelles. Le juge a donc estimé que les sept prévenus s’étaient rendus coupables de traite d’êtres humains. Selon la procureure Alice Guillet, les enfants étaient délibérément utilisés car les adultes pensaient ainsi rester eux-mêmes à l’abri de toute poursuite.
Dior et Al Capone
Certains des condamnés avaient eux-mêmes été contraints, dans leur enfance, de voler. “Ils sont passés du statut de victimes à celui de coupables”, a déclaré le parquet. Le Monde décrit comment certains enfants se sont même vu attribuer des prénoms évoquant le luxe et la pègre: au sein de la famille, on trouve notamment des enfants prénommés Dior et Al Capone.
Le clan Hamidovic n’est d’ailleurs pas inconnu pour la justice française : en 2013 et 2025, d’autres membres de la famille avaient déjà été condamnés pour traite d’êtres humains. Une autre branche de la famille comparaîtra prochainement devant le tribunal.
Au cours du procès, les accusés ont nié toute forme de crime organisé. Roberto Hamidovic a affirmé qu’il gagnait simplement entre 2.000 et 5.000 euros par mois grâce au commerce automobile. Son avocate a qualifié les peines de trop lourdes et a invoqué un manque de preuves tangibles de traite d’êtres humains.
Les enfants eux-mêmes n’étaient pas présents au procès. Certains d’entre eux ont entre-temps été retirés de cet environnement familial et placés en foyer. Pour la justice française, cette affaire ne porte donc pas uniquement sur les milliers d’euros qui disparaissaient quotidiennement des poches des touristes, mais surtout sur ces mineurs vulnérables qui ont été exploités pendant des années comme main-d’œuvre bon marché.