Une frappe de l’Iran tue deux soldats et montre que le pays s’est “adapté aux défenses américaines”

Une frappe de l’Iran tue deux soldats et montre que le pays s’est “adapté aux défenses américaines”

Conflit.

Côté américain, le bilan de la guerre s’élève désormais à 16 morts. L’attaque a ciblé une base en Jordanie. En réaction, les États-Unis ont bombardé l’Iran pour le huitième jour consécutif.

Pete Hegseth, le secrétaire américain de la défense, à Washington le 31 mars 2026 Jonathan Ernst / REUTERS

Pour la première fois depuis la reprise des combats entre l’Iran et les États-Unis il y a deux semaines, deux soldats américains ont été tués, rapporte Axios. Un troisième est porté disparu après que des missiles balistiques iraniens ont frappé samedi la base Muwaffaq Salti, qui abrite des militaires et des avions de chasse américains, précise le site. C’est même la première fois depuis avril que le conflit fait des morts côté États-Unis. Le bilan est désormais de 16 soldats décédés. Le “fragile cessez-le-feu est sur le point de s’effondrer”, note CNN.

Le Washington Post signale que l’armée américaine a frappé à son tour quelques heures plus tard, marquant ainsi “le huitième jour consécutif de bombardements américains sur l’Iran”. Sur Twitter, le secrétaire de la défense Pete Hegseth avait rendu hommage aux “héros” tués, assurant que “leur sacrifice ne fait que renforcer notre détermination”. Ce que le Post a interprété comme “un signe que le conflit va s’intensifier”.

Ces attaques montrent que “l’Iran s’est adapté aux défenses américaines, tirant des missiles qui voyagent extrêmement vite” selon le Wall Street Journal. Des officiels ont confié au quotidien que “la capacité de l’Iran à atteindre des cibles sensibles laisse penser que le régime reçoit peut-être l’aide de la Chine ou de la Russie”. Le Journal suggère que ces nouvelles attaques “vont tester la retenue du président” alors que Donald Trump ne parle pas encore de reprise de la guerre. Des experts s’inquiètent d’une escalade, souligne encore le WSJ.

Téhéran blâme le “Grand Satan”

Cette quatrième attaque en cinq jours de l’Iran en Jordanie - avec une douzaine de soldats américains blessés et des hélicoptères endommagés - illustre le poids pris par la Jordanie dans le conflit, explique le New York Times. Plusieurs bases aériennes américaines s’y trouvent et des soldats en poste aux Émirats arabes unis ou au Qatar y ont été envoyés, la Jordanie étant considérée comme plus sûre. “Le rôle du pays dans les opérations américaines a augmenté dans la mesure où d’autres alliés dans la région ont limité la capacité de Washington à installer des troupes et des avions sur leur territoire”, ajoute le quotidien.

Le Koweït a également été touché par des frappes iraniennes. Les autorités ont annoncé qu’un site pétrolier et des “infrastructures essentielles” avaient été ciblés. Le Conseil de coopération des États arabes du Golfe (GCC) a condamné ces attaques, dénonçant “une escalade très dangereuse, une grave violation du droit international et des crimes de guerre” dans un communiqué cité par CBS News.

De son côté, Téhéran a mis en cause Washington dans un communiqué attribué à Mojtaba Khamenei, le nouvel Ayatollah toujours invisible depuis la mort de son père et précédent guide suprême en février. Il juge la signature de Donald Trump sur le protocole d’accord “totalement sans valeur”, pointant des “violations répétées du protocole d’accord par le Grand Satan”.

Al-Jazeera estime que “Téhéran n’a montré aucun signe de faiblesse face aux exigences grandissantes de l’administration Trump”. Le média qatari constate aussi que l’Ayatollah a “prévenu” les États-Unis qu’ils allaient “subir de lourdes pertes et continuer à se faire humilier”.

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