Une fusée SpaceX percute la Lune et crée un nouveau cratère
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Le choc avait été anticipé depuis des mois. Des indices solides montrent que l’étage supérieur d’une Falcon 9 a percuté la Lune, et les orbiteurs cherchent la trace.
En bref
- Un étage de fusée Falcon 9 s’est bien écrasé sur la Lune, confirmé par l’observation d’un panache de sodium et de lithium.
- L’impact a créé un nouveau cratère lunaire, sans provoquer de dégâts majeurs à l’échelle de la Lune.
- Des sondes vont analyser la zone pour confirmer les traces du choc et alimenter le débat sur les déchets spatiaux.
Un panache de sodium et de lithium, observé depuis le Very Large Telescope au Chili, a donné aux scientifiques le signal qu’ils attendaient. Pour Carl Schmidt, du Center for Space Physics de l’université de Boston, le crash de l’étage supérieur d’une Falcon 9 sur la Lune a bien eu lieu, comme l’avait anticipé l’astronome indépendant Bill Grey dès avril. Et là, on n’est plus dans la simple spéculation.
Un impact repéré sans être vu directement
Le détail qui complique tout, c’est l’endroit. La collision s’est produite sur la face ensoleillée de la Lune, ce qui a empêché astronomes pros et amateurs de confirmer visuellement l’événement. Trop lumineux, trop peu lisible.
Carl Schmidt a expliqué que le panache repéré mesurait des dizaines de kilomètres et qu’il est resté visible entre cinq et dix minutes. C’est court, mais suffisant pour transformer une trajectoire calculée en impact hautement probable.
Un choc modeste à l’échelle lunaire, pas anodin pour autant
La fusée n’était pas minuscule, environ quatre tonnes, et elle a frappé la surface à 5400 miles par heure. Sur le papier, ça claque. En pratique, la Lune encaisse régulièrement des météoroïdes avec une énergie comparable.
La NASA estime quand même que la collision a dû creuser un nouveau cratère d’environ 60 pieds de large et 12 pieds de profondeur. Pas un cataclysme, donc. Mais une cicatrice bien réelle.
Pourquoi cette Falcon 9 a fini là-haut ?
L’étage concerné venait de la mission Blue Ghost du 15 janvier 2025, celle qui transportait deux alunisseurs vers l’orbite lunaire. SpaceX a rappelé que, sur la plupart de ses vols, l’entreprise prévoit une désorbitation contrôlée du second étage pour une rentrée au-dessus de l’océan.
Sauf que pour les missions plus énergivores, notamment vers une orbite de transfert lunaire, presque toute la performance du véhicule sert à placer la charge utile au bon endroit. Résultat, plus assez de marge pour un retour propre vers la Terre. SpaceX ajoute que l’activité solaire et la gravité ont ensuite guidé la fusée vers la Lune.
Les prochaines images diront le dernier mot
Deux engins vont maintenant tenter de photographier la zone, le Lunar Reconnaissance Orbiter de la NASA et le Korea Pathfinder Lunar Orbiter de la Corée du Sud. Mais il faudra un peu de patience, car la réussite dépend de la lumière, du bon angle et du timing orbital. Bref, pas le genre de selfie qu’on récupère dans l’heure.
Ces images pourraient aussi nourrir le débat sur les déchets spatiaux. La NASA, elle, juge que faire finir des étages supérieurs sur la surface lunaire est une méthode techniquement acceptée et sûre, parfois même la seule option pratique pour certaines missions en orbite lunaire basse. Pas très glamour, mais visiblement assumé.
Jordan Servan
Spécialiste Tech
Rédacteur sur Begeek.fr depuis 2014, passionné par les jeux vidéo, les séries TV et le cinéma.
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