Épizootie en Suisse : 1'500 porcs doivent être abattus

Épizootie en Suisse : 1'500 porcs doivent être abattus

Les cheptels porcins de vingt élevages répartis dans six cantons, dont Vaud, doivent être abattus. La mesure radicale a été ordonnée afin d'endiguer la propagation de la pneumonie enzootique, une infection pulmonaire contagieuse chez les cochons, dont l'apparition a été révélée la semaine dernière.

Pour lutter efficacement contre la pneumonie enzootique et empêcher sa propagation, de nouvelles mesures sont nécessaires, annonce lundi le service vétérinaire du canton de Lucerne. Les élevages porcins de 20 exploitations situées dans les cantons de Berne, Lucerne, Soleure, Schwyz, Thurgovie et Vaud doivent être totalement éradiqués.

Environ 1500 porcs d'élevage et leurs porcelets sont concernés par la mesure. Les animaux seront abattus ou euthanasiés sans cruauté, selon le communiqué. L’assainissement doit être achevé dans un délai de deux semaines, soit au plus tard le 2 octobre 2026. Suite à cette opération, tous les bâtiments seront nettoyés et désinfectés.

11 élevages à Lucerne

Dans le canton de Lucerne, l'agent pathogène a été détecté à ce jour dans onze élevages. Au vu de l'ampleur de l'épidémie dans le canton, ce sont les autorités lucernoises qui se chargent de la communication générale.

L'épizootie touche également 40 exploitations d'engraissement situées dans 14 cantons (AG, BE, BL, GR, LU, NE, NW, OW, SG, SZ, TG, VD, VS et ZG). Les transferts d'animaux y restent interdits jusqu'à ce qu'une infection par l'agent pathogène puisse être exclue ou que l'effectif ait été complètement assaini.

Mesures radicales

Mercredi dernier, les autorités ont annoncé la mise en quarantaine de 60 exploitations. Le foyer de pneumonie enzootique a d'abord été détecté dans un ring, un réseau dans le cadre duquel collaborent plusieurs exploitations porcines d'élevage et d'engraissement. Des porcs sont régulièrement transférés entre les exploitations affiliées.

Les mesures annoncées doivent permettre de rompre les chaînes d'infection. L'agent pathogène Mycoplasma Hyopneumoniae, qui attaque les poumons des porcs mais ne représente pas de danger pour les humains, peut notamment se transmettre par voie aérienne. Il peut aussi se propager entre les exploitations lors du transfert de bêtes.

Les abattages ont été décidés par les vétérinaires cantonaux en collaboration avec l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV), l'exploitant du réseau ainsi que les représentants de la filière. Pour les éleveurs affectés, la mesure radicale signifie la perte de l'ensemble de leur cheptel porcin: mais au vu des liens étroits entre exploitations et du risque de nouvelle propagation, les autorités la juge indispensable.

Empêcher la propagation

Un assainissement partiel ne garantit pas l'élimination de l'agent pathogène dans tous les effectifs concernés. L'objectif est d'empêcher autant que possible sa propagation au-delà du réseau concerné. En l'état actuel des connaissances, on ne peut pas exclure que des élevages externes puissent être touchés. Les enquêtes nécessaires sont en cours et des mesures appropriées seront prises si nécessaires.

La Suisse était considérée comme un pays préservé de cette maladie animale après une campagne d'éradication menée entre 1996 et 2004. Les éleveurs de porcs sont désormais incités à appliquer systématiquement des mesures de biosécurité.

ats/miro