"Une première dans l’histoire" et "l’endroit idéal pour rechercher des biosignatures": des scientifiques annoncent avoir détecté une atmosphère sur une planète présentant des caractéristiques similaires à la Terre

"Une première dans l’histoire" et "l’endroit idéal pour rechercher des biosignatures": des scientifiques annoncent avoir détecté une atmosphère sur une planète présentant des caractéristiques similaires à la Terre

"Une première dans l’histoire" et "l’endroit idéal pour rechercher des biosignatures": des scientifiques annoncent avoir détecté une atmosphère sur une planète présentant des caractéristiques similaires à la Terre

Publié aujourd'hui à 12h58

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Cette illustration représente l'exoplanète LHS 1140b, qui orbite autour d'une naine rouge située à plus de 40 années-lumière de la Terre... et pourrait bien devenir le meilleur endroit pour rechercher des signes de vie extraterrestre (illustration)

Cette illustration représente l'exoplanète LHS 1140b, qui orbite autour d'une naine rouge située à plus de 40 années-lumière de la Terre... et pourrait bien devenir le meilleur endroit pour rechercher des signes de vie extraterrestre (illustration) - ESO/spaceengine.org

Des scientifiques ont détecté, pour "la première fois", une atmosphère autour d’une exoplanète rocheuse située à "seulement" 48 années-lumière de la Terre. Une découverte majeure qui pourrait permettre de mieux comprendre les conditions nécessaires à l’apparition de la vie et la recherche de mondes potentiellement habitables.

C’est une course dont on aperçoit les coureurs, mais rarement la ligne d’arrivée. Depuis des décennies, la quête d’une nouvelle planète habitable nourrit les espoirs et les fantasmes, tout en se heurtant à des limites techniques et scientifiques. Une recherche longue, patiente, où chaque avancée semble rapprocher un peu plus d’un objectif qui reste pourtant hors de portée.

Mais cette fois-ci, un cap pourrait avoir été franchi. Pour “la première fois dans l’histoire”, des astronomes ont détecté une atmosphère autour d’une exoplanète rocheuse située dans la zone habitable de son étoile. Une découverte majeure, publiée jeudi dans la revue Science, qui marque une avancée décisive dans la recherche de vie extraterrestre.

Sobrement baptisée “LHS 1140-b”, la planète semblerait cocher toutes les cases, pour le moment. Environ 5,6 fois plus massive que la Terre, LHS 1140-b orbite autour d’une petite étoile naine située à 48 années-lumière de notre planète. Si des atmosphères ont déjà été observées sur des géantes gazeuses, et sur quelques planètes rocheuses hors zone habitable, la détection récente d’hélium sur cette exoplanète constitue une première: la preuve directe qu’un monde rocheux situé dans une zone habitable peut posséder une atmosphère… un élément clé pour envisager la présence de vie.

“Un défi immense” pour les chercheurs

Détecter une atmosphère sur une planète rocheuse “a représenté un défi immense”, rappelle Collin Cherubim à 404 media, une “question majeure” à laquelle les chercheurs ont consacré “énormément de temps et d’énergie”. La découverte marque ainsi “la première annonce” d’une atmosphère autour d’une exoplanète rocheuse en zone habitable, potentiellement propice à l’eau liquide et à la vie, ce qui “la distingue et la rend si passionnante”.

Jusqu’ici, les scientifiques ne pouvaient qu’émettre des hypothèses sur la présence d’atmosphères autour des exoplanètes rocheuses en zone habitable, à partir d’indices indirects comme des températures plus modérées entre le jour et la nuit.

Mais observer directement ces enveloppes gazeuses reste un défi majeur, ces planètes étant minuscules face à leur étoile. “Détecter une atmosphère a représenté un défi immense”, rappelle Collin Cherubim. Pour relever ce défi, le chercheur a développé un modèle basé sur le ‘fractionnement de masse’, un phénomène où les éléments les plus légers s’échappent progressivement dans l’espace.

Ses simulations prédisaient l’existence de planètes dont l’atmosphère pouvait devenir dominée par l’hélium. “Si suffisamment d’hydrogène s’échappe sans entraîner avec lui l’hélium, il est alors possible de voir se former une atmosphère dominée par l’hélium”, explique-t-il. L’équipe a ensuite testé cette hypothèse sur "LHS 1140-b", observée en 2024 et 2025 grâce au spectrographe WINERED installé au Chili.

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Une planète habitable?

Pour évaluer l’habitabilité d’une planète, les scientifiques s’appuient sur trois critères majeurs: une composition principalement rocheuse, une température permettant la présence d’eau liquide et une atmosphère capable de la retenir tout en protégeant la surface des rayonnements. “Grâce à cette découverte, nous savons désormais que LHS 1140-b réunit ces trois conditions”, explique le scientifique, qui souligne également sa proximité avec la Terre, située à seulement 48 années-lumière.

Cela ne reste pas la porte à côté, ni la prochaine étape de la conquête spatiale. À la vitesse de la sonde de la NASA Voyager 1, la plus éloignée de la Terre, mais pas la plus rapide, puisqu'elle se déplace à environ 17 km/s, soit 0,006% de la vitesse de la lumière, il faudrait environ 846.000 ans pour parcourir les 48 années-lumière qui nous séparent de LHS 1140-b.

Si vous êtes pressé, la sonde Parker Solar Probe, qui est la plus rapide et se déplace à 192 km/s, ne mettrait que 75.000 ans. Bref, il va falloir prévoir un peu de lecture...

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La présence potentielle de vie reste également une question ouverte. Les astronomes cherchent désormais à identifier d’éventuelles “biosignatures” dans son atmosphère grâce aux télescopes spatiaux Hubble et James Webb. Aucun indice concluant n’a encore été détecté, mais Collin Cherubim estime que LHS 1140-b constitue “l’endroit idéal pour rechercher des biosignatures” et pourrait révéler de nouveaux éléments sur la possibilité d’une vie extraterrestre.

Autant de questions qui devraient encore longtemps occuper les laboratoires de Carnegie Science Observatories et du Department of Earth and Planetary Sciences de l’Université Harvard.