Abus sexuels : une 3e victime d'un ex-député UDC argovien identifiée

Abus sexuels : une 3e victime d'un ex-député UDC argovien identifiée

Les révélations concernant l'ex-élu argovien accusé d’avoir drogué et violé une mère et sa fille pendant des années se poursuivent. Selon un acte d’accusation obtenu par la SRF, une 3e victime aurait été identifiée. L'homme aurait utilisé des sédatifs à 140 reprises pour abuser d'elle. Une affaire qui rappelle le cas de Gisèle Pélicot en France.

Jusqu’ici, deux victimes avaient témoigné publiquement: une ancienne compagne polonaise de l’accusé et sa fille, qui avait 14 ans au moment des faits. Selon l’acte d’accusation du Ministère public argovien, une troisième femme aurait également été victime du même mode opératoire.

D’après le document consulté par la SRF, l’ancien député UDC aurait administré des sédatifs à cette femme à 140 reprises afin de l’endormir avant de la violer à plusieurs occasions. "À 87 reprises, l’accusé a pénétré par voie vaginale avec son pénis", écrit le Ministère public dans l’acte d’accusation.

Trois victimes de viol sont désormais recensées par la justice. Les enquêteurs décrivent un mode opératoire similaire dans les différents cas, avec l’utilisation présumée de GHB, une substance souvent appelée "drogue du violeur".

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Des centaines d’heures de vidéos saisies

Lundi, l’ancienne compagne polonaise de l’homme et sa fille ont livré leur témoignage face caméra. La jeune femme a expliqué ne pas avoir conscience d’avoir été droguée à répétition.

"J’apprends seulement maintenant que j’aurais pu mourir à plusieurs reprises", témoigne-t-elle dans le Tages Anzeiger.

En septembre 2023, sa mère explique avoir découvert son partenaire en flagrant délit dans la chambre de sa fille et alerté la police. Les enquêteurs ont ensuite saisi des centaines d’heures de vidéos qui montraient les agressions présumées.

Selon l’accusation, les faits se seraient déroulés pendant une dizaine d’années.

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Beaucoup de cas pas signalés

Le recours au GHB rappelle l’affaire de Gisèle Pélicot en France, qui a mis en lumière le phénomène méconnu des viols par soumission chimique. Pour le centre zurichois d'aide aux femmes victimes de violences sexuelles, cette substance rend les signalements particulièrement difficiles.

Il y a beaucoup de cas qui ne sont pas signalés, explique mercredi dans le 19h30 Brigitte Kämpf, codirectrice du centre, "car pour les victimes, il est très difficile de se rendre compte qu’elles ont été victimes d’abus, parce qu'elles sont sous l’effet d’une sorte d’engourdissement. On ne s’en rend pas compte".

L’homme de 57 ans est accusé de viols aggravés et d’actes sexuels sur mineur. Le ministère public argovien requiert la prison à vie. Actuellement en détention provisoire, l’ancien élu conteste une grande partie des faits qui lui sont reprochés.

SRF/JG