Vaucluse. Le directeur des hôpitaux du département jugé pour avoir fait embaucher sa compagne

Vaucluse. Le directeur des hôpitaux du département jugé pour avoir fait embaucher sa compagne

Le Dauphiné Libéré -

Aujourd’hui à 14:11 | mis à jour aujourd’hui à 14:12

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Pierre Pinzelli, directeur de l'hôpital d'Avignon. Photo d'archives Jean Francois Garcin
Pierre Pinzelli, directeur de l'hôpital d'Avignon. Photo d'archives Jean Francois Garcin

En mars 2025, Le Canard Enchaîné épinglait l'ancien responsable des hôpitaux de Marseille pour « emploi fictif » et « conflits d’intérêts ». Désormais directeur des hôpitaux du Vaucluse, Pierre Pinzelli comparassait ce lundi 19 octobre devant le tribunal correctionnel de Marseille pour prise illégale d'intérêts, relate l'AFP. Une « peine d'avertissement » d'un an de prison avec sursis, une amende de 30 000 euros ainsi qu'une interdiction d'exercer toute fonction publique pendant un an ont été requises à son encontre.

Âgé de 63 ans, l'ancien secrétaire général de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM) est poursuivi pour avoir fait embaucher sa compagne au sein de l'établissement phocéen. Elle est recrutée en décembre 2019 comme chargée de mission en CDD pour un salaire mensuel de 3 500 euros. Psychologue de formation, elle était initialement chargée de travailler sur la question du présentéisme.

« L'impression que vous ne travaillez presque pas »

L'affaire avait pris une tournure judiciaire après un signalement de la CGT auprès du procureur de la République. La prévenue avait finalement démissionné en avril 2022, alors que la direction de l'hôpital avait envisagé, quelques mois plus tôt, une procédure de rupture de contrat pour « insuffisance professionnelle ».

Bien que le parquet n'ait pas retenu la qualification d'emploi fictif, le tribunal est largement revenu sur les prestations fournies. La présidente a notamment évoqué « l'impression que vous ne travaillez presque pas, une heure de temps en temps », pointant du doigt le manque de travaux « concrets » : « Un an de travail pour conclure qu'il faut mettre en place des mesures dissuasives et incitatives... » Face à ces critiques, la prévenue a défendu « un travail de théorisation, avec beaucoup de lectures, beaucoup de recherches ».

En mai 2021, une seconde mission sur la responsabilité sociale des entreprises (RSE) lui a été attribuée. À la barre, un cadre des ressources humaines déclare : « Il fallait préserver son emploi et tout le monde était extrêmement mal à l'aise car cette décision signait un privilège. » Pour leur défense, les deux prévenus ont contesté l'existence de toute relation intime antérieure à ce recrutement.

Selon l'AFP, dix mois de prison, une amende de 15.000 euros et une interdiction pendant un an de ses fonctions d’expert judiciaire ont été réclamés contre la psychologue, poursuivie pour recel de prise illégale d’intérêt. En réclamant une interdiction pendant une année d'exercer toute fonction publique, la procureure a estimé « opportun que (Pierre Pinzelli) fasse une pause dans ses fonctions pour réfléchir à sa manière de servir ».

La décision sera rendue le 10 novembre.