Venezuela. Contrats signés, milliards d'investissements... ce que l'on sait des accords pétroliers avec les États-Unis
En visite au Venezuela mercredi, le ministre américain de l'Energie, Chris Wright, a supervisé la signature de plusieurs accords entre le Venezuela et les multinationales américaines Chevron et GE Vernova ainsi que l'italienne Eni, gages selon lui de « paix et prospérité » pour le pays. Le responsable américain s'est dit « convaincu que les accords signés aujourd'hui, représentant des dizaines de milliards de dollars d'investissements et, à terme, des milliers d'emplois, sont essentiels pour mettre en marche (une) dynamique de paix, d'opportunités et de prospérité pour tous au Venezuela ».
Le sous-sol vénézuélien renferme les plus grosses réserves de pétrole au monde (plus de 300 milliards de barils estimés). A son pic historique, la production quotidienne atteignait plus de 3 millions de barils.
Un accord annoncé par Donald Trump
Les gouvernements américains et venezuéliens ont conclu un accord bilatéral, annoncé par Donald Trump le 28 août, qui verrait les Etats-Unis prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils des réserves du pays. D'après le milliardaire républicain, il s'agit du « plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale » et celui-ci aura vocation à doubler les réserves des Etats-Unis.
La présidente vénézuélienne par intérim, Delcy Rodriguez, avait assuré face aux doutes que son pays conserverait sa souveraineté sur les champs pétroliers exploités par les Etats-Unis. L'Assemblée nationale - où le pouvoir dispose de la majorité - mais aussi l'armée vénézuéliennes ont apporté mardi leur soutien à l'accord.
Chevron obtient de nouveaux gisements de pétrole
Chevron a annoncé mercredi qu'il avait obtenu de nouveaux gisements de pétrole au Venezuela, dans la région minière de l'Orinoco. Le groupe pétrolier américain prévoit de plus que doubler la production dans ce pays aux immenses réserves d'or noir par rapport au niveau de 2026. Selon un communiqué, la société Petroindependencia, dont Chevron détient une participation de 49 %, compte investir plus de 7 milliards de dollars dans les cinq prochaines années, pour produire environ 600 000 barils de pétrole par jour.
Mais, interrogé plus tard sur la chaîne CNBC depuis Caracas, le PDG Mike Wirth a précisé qu'il s'agissait en réalité d'une enveloppe globale, qui sera répartie entre les trois sociétés communes de Chevron dans le pays, toutes dans la production de pétrole. Le groupe a indiqué avoir conclu des accords avec les autorités vénézuéliennes concernant ces trois entités.
Ces accords permettent « de soutenir de futurs investissements, le développement de projets et la croissance de la production », a souligné le groupe américain, relevant que l'objectif était de réaliser « des investissements compétitifs de long terme ». « L'histoire de Chevron au Venezuela remonte à plus d'un siècle et l'élargissement de nos positions illustrent notre confiance dans l'énorme potentiel des ressources du pays et dans sa capacité à obtenir des investissements dans notre portefeuille pendant des décennies », a commenté Mike Wirth, cité dans le communiqué. Fin mai, le dirigeant avait anticipé une hausse de 50 % d'ici fin 2028 de la production de son groupe au Venezuela.
Progression de la production jusqu'à deux millions de barils par jour
En janvier, la production moyenne annualisée de Chevron dans ce pays atteignait 240 000 barils par jour. En juillet, elle avait grimpé à environ 270 000 barils par jour. Chevron a précisé mercredi qu'elle avait progressé de 15 % depuis le début de l'année, en cumulant les volumes des trois sociétés communes.
Sur CNBC, Mike Wirth a relevé qu'un accroissement de 300 000 barils quotidiens « en quelques années seulement constituait en réalité un taux de progression important pour notre industrie », se réjouissant que les infrastructures de Chevron soient « probablement en meilleur état que beaucoup d'autres dans le pays ».
Depuis le raid militaire américain ayant permis début janvier la capture de l'ex-président Nicolas Maduro, le président américain Donald Trump veut relancer l'exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre patronage. La production de pétrole « sera bien supérieure à deux millions de barils par jour d'ici la fin de la décennie », a affirmé mercredi Chris Wright, rappelant qu'elle était légèrement inférieure à un million en début d'année.