VIDEO. "Ils n’arrêtaient pas de me donner des coups de pied" : une photographe américaine violemment passée à tabac par des colons israéliens lors d'une attaque en Cisjordanie occupée

VIDEO. "Ils n’arrêtaient pas de me donner des coups de pied" : une photographe américaine violemment passée à tabac par des colons israéliens lors d'une attaque en Cisjordanie occupée

l'essentiel Alors qu’elle couvrait la récolte des olives en Cisjordanie occupée, une photographe du Washington Post a été violemment agressée par des colons israéliens qui lui ont également dérobé son matériel. Le quotidien américain a fait part de son indignation et réclame l'ouverture d'une enquête. Un Palestinien a également été blessé par balle lors de cette attaque.

Elle raconte avoir été rouée de coups alors qu'elle exerçait son travail. Une photographe américaine travaillant pour le Washington Post a été violemment agressée par des colons israéliens lors d'une attaque en Cisjordanie occupée. 

Selon le récit du journal américain, vendredi 16 octobre au matin, des dizaines de colons israéliens masqués ont attaqué des villageois palestiniens qui récoltaient leurs olives près du village d’Abu Falah, au nord-est de Ramallah. Les assaillants ont incendié des oliveraies et jeté des pierres à l'aide de frondes.

Frappée "une cinquantaine de fois"

Prise dans cette attaque, Heidi Levine, photographe chevronnée du Washington Post a été plaquée au sol, frappée à de nombreuses reprises et dépouillée de ses appareils photo ainsi que de son téléphone. Le blogueur Andrey Khrzhanovskiy, qui couvre régulièrement les violences en Cisjordanie occupée, a précisé que des colons avaient frappé sa consœur à coups de bâton.

"Ils n’arrêtaient pas de me donner des coups de pied, encore et encore, probablement une cinquantaine de fois", a raconté Heidi Levine. "J'avais une sacoche avec mon téléphone, et tout a fini par m'être arraché. Ensuite, ils ont essayé de me mettre debout, juste pour me refaire tomber et continuer à me donner des coups de pied", a-t-elle poursuivi. 

La journaliste, qui travaille au Moyen-Orient depuis des décennies et a couvert plusieurs guerres, portait pourtant un gilet de protection l'identifiant clairement avec la mention "PRESS", insiste le Washington Post. Elle a expliqué s'être identifiée comme journaliste mais aussi comme "mère" pour tenter de calmer les assaillants. Transportée dans un hôpital de la région de Ramallah, la victime a été mise en sécurité par le journaliste américain Jasper Nathaniel et des jeunes villageois. 

\ud83d\udea8 NOW: Settler terror attack on Abu Falah in the West Bank.

American journalist Heidi Levine was beaten by the settlers, many Palestinian were injured, one shot by the IDF.

The army allowed the settler attack, and tear gassed and assaulted the Palestinians. pic.twitter.com/qAZxZf5h6g

— Andrey X (@the_andrey_x) October 16, 2026

Le rédacteur en chef du quotidien américain, Matt Murray, a exprimé son indignation dans un communiqué : "Bien que nous soyons soulagés qu’Heidi ait reçu des soins médicaux et qu’elle soit en sécurité, nous sommes indignés par cette agression injustifiée contre une journaliste qui faisait son travail et nous demandons instamment aux autorités de mener une enquête approfondie et d'y donner suite."

"L'armée n'a absolument rien fait"

Selon plusieurs témoins, les forces armées israéliennes sont arrivées avant puis pendant l'assaut sans intervenir contre les agresseurs. Andrey Khrzhanovskiy affirme que les soldats ont tiré des gaz lacrymogènes sur les Palestiniens et "n’ont absolument rien fait contre les colons". Oren Ziv, un journaliste israélien également témoin de l'attaque, confirme cette version des faits et affirme par ailleurs qu'un Palestinien a été blessé par balle. 

L'armée israélienne a annoncé l'ouverture d'une enquête. La porte-parole internationale des Forces de défense israéliennes, la lieutenant-colonel Ariella Mazor, a déclaré que l'institution envoyait des bataillons supplémentaires pour contenir la violence. "Toute violence à l’encontre de personnes innocentes ne reflète pas nos valeurs", a-t-elle ajouté.

Ce n'est pas la première fois que des tensions éclatent en Cisjordanie entre des colons israéliens et des journalistes. Plus tôt cette semaine, TF1 diffusait un long reportage lors duquel ses journalistes, Liseron Boudoul et Philippe de Poulpiquet, étaient entravés dans leur travail et violemment pris à partie par des groupes de colons. Début octobre, des colons avaient roué de coups un photographe de l'AFP, Jaafar Ashtiyeh. En juillet, une équipe de la chaîne américaine CNN avait été agressée par des colons près de Ramallah.

\ud83d\udd34 \ud83d\udcfa GRAND REPORTAGE #LE20H de @TF1 avec Jean-Baptiste Boursier

Colonies en Cisjordanie : l'autre bataille d'Israël

En Cisjordanie, la colonisation israélienne illégale, au regard du droit international, est désormais effrénée avec l'aval du gouvernement hébreu. Les colons… pic.twitter.com/vTNnUgzGpk

— TF1Info (@TF1Info) October 14, 2026

Selon les Nations unies, plus de 1 600 agressions commises par des colons israéliens ont été enregistrées en Cisjordanie occupée entre janvier et août. La récolte des olives d'automne demeure une période particulièrement exposée aux tensions dans la région.

Plus largement, les violences ont explosé en Cisjordanie depuis le début de la guerre à Gaza en 2023, avec des attaques quasi quotidiennes de colons juifs contre des Palestiniens. Elles sont rarement suivies d'enquête sérieuse ou de poursuites, selon des ONG israéliennes et palestiniennes, ce qui entretient un sentiment d'impunité. Plus de 500 000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie, illégales au regard du droit international, aux côtés d'environ trois millions de Palestiniens.